Les successeurs des Adhémar de La Garde (1527-1582)

La dévolution de l’héritage d’Antoine Adhémar : Geneviève Odoard, Louis Adhémar de Grignan, Antoine Escalin des Aimars, Joachim de Simiane

En 1527, au décès d’Antoine Adhémar, mort pendant les guerres d’Italie, sa veuve, Geneviève Odoard hérite de ses biens.

Pour respecter des accords de famille, et en accord avec son beau-frère Thomas Adhémar qui n’a pas d’héritier, elle transmet La Garde et les autres possessions de sa famille à son cousin Louis Adhémar, seigneur de Grignan.

La situation change en 1543 lorsque Louis décide de donner ce qu’il a reçu de Geneviève Odoard à Antoine Escalin des Aimars, pour le remercier de ses services. Geneviève et Thomas contestent aussitôt cette donation et demandent à la justice de les faire rentrer dans leurs droits sur La Garde. Mais ils n’obtiennent pas satisfaction. Thomas finit par se désister, moyennant compensation.

Quel fut alors le sort de la seigneurie de Lachau ? André Lacroix nous dit que Lachau, tout comme La Garde, reste à Antoine Escalin, puis à son fils Jean-Baptiste. Il nous semble plus probable que Geneviève ait recouvré la seigneurie de Lachau puisque à la génération suivante, c’est Joachim de Simiane, fils issu du remariage de Geneviève Odoard avec Jeanson de Simiane, qui est seigneur de Lachau.

Ainsi, en 1582, Joachim de Simiane, baron de Châteauneuf, prête hommage pour Lachau [1] (l’année même où René de la Tour-Gouvernet achète 1/9e de Lachau que détenait encore les Grolée-Mévouillon).

Ce même Joachim écrit une lettre à ses vassaux de Lachau, le 7 octobre 1601, pour leur demander de verser la contribution de deux moutons et de six fromages qu’ils lui doivent à l’occasion du mariage d’Anne, sa fille ainée, avec François de Simiane-Lacoste [2]. Le nom de Joachim de Simiane apparait aussi dans une procédure entamée par les consuls de Lachau en réduction de leurs créances [3].

Au décès de Joachim, en 1605, sa fille Anne de Simiane, hérite de la terre de Châteauneuf qu’elle apporte à son époux, François de Simiane-Lacoste. Lachau faisait aussi partie de son héritage puisqu’en 1613, son époux est seigneur de Lachau, comme le montre un texte de l’évêché de Gap [4]. A cette date, Raymond Michel est baile à Lachau du sr de Châteauneuf tandis que (Barthélémy Bernard y exerce la même fonction pour le sr de Chambaud.

Trois ans plus tard, en 1616, la part de la seigneurie de Lachau détenue par les Simiane est vendue à René de la Tour-Gouvernet.

Repères historiques:

La constitution des armées, le paiement des troupes et les « sauvegardes »

 

A la fin du XVIe et au début du XVIIe siècle, les princes n’ont pas d’armée permanente. Quand ils décident d’une guerre, ils s’adressent à des chefs de guerre de métier et à des recruteurs qui vont dans toute l’Europe enrôler des gens sans travail.

Ainsi constituées, les troupes sont difficiles à discipliner et il leur faut des chefs à poigne. Ceux-ci sont souvent des cadets de familles nobles désargentés ou des aventuriers ayant fait leurs preuves dans la conduite des troupes.

Comme les sommes versées par leurs commanditaires sont insuffisants et qu’il faut bien nourrir et loger ces troupes, plutôt que de mener des courses dans le pays pour ramener des vivres et de l’argent, les chefs de guerre remettent en vigueur l’ancienne pratique des sauvegardes.

Ils proposent aux villes et aux villages de leur verser une contribution régulière, annuelle, et s’engagent en contrepartie de ne pas mener d’expédition chez eux. Cette pratique donne lieu à de véritables contrats.

Lorsque les conflits s’intensifient, le revenu des sauvegardes ne suffisent plus pour l’entretien des troupes et les chefs de guerre multiplient les demandes de contributions exceptionnelles

[1] AL, p.348

[2] AL, p.348

[3] AD26, E 3182 (1592-1612)

[4] AD05, série G, T6, p.25