Les premiers temps médiévaux : les Mévouillon-Lachau (1120-1337)

Les premiers seigneurs de Lachau

Les premiers seigneurs de Lachau sont issus de la lignée des seigneurs de Mévouillon.

La première mention de leur patronyme (de Calma) figure dans une charte du 7 avril 1163 où Raimbaud et Jean de Lachau sont cités comme témoins de la cession de terres à la commanderie templière de Richerenches [1].

En 1168, un Hugues de Lachau est nommé dans le cartulaire de cette commanderie.

Peu après, en 1177, Guillaume et Isoard de Mévouillon, fils de Raimbaud Cotta, sont présents dans la vallée de la Méouge où ils confirment la donation de la terre de Saint-Pierre-Avez faite par leurs grands-parents Raimbaud et Oliva aux Hospitaliers de St-Jean de Jérusalem [2].

Une charte de 1209, sur laquelle nous allons revenir, nous apprend l’existence, à cette date, de Raimbaud de Lachau, fils de Ripert de Mévouillon et de Sancie.

Ainsi se dessine un début de généalogie des Lachau [3], peut-être issus de Raimbaud, fils de Ripert II, seigneur de Mévouillon.

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Les premiers seigneurs de Lachau

 

Raimbaud (I) de Lachau (Raybaudus Calme), fils de Ripert de Mévouillon et de Sancie, est le premier personnage à être explicitement identifié comme seigneur de Lachau. Après lui, l’ainé de sa lignée porte le nom de Raimbaud (ou Bertrand-Raimbaud) de Lachau pendant six générations, tandis que les cadets continuent de porter le nom de Mévouillon. Il est l’auteur de la charte des libertés de Lachau. On attribue à ses libéralités la création de l’abbaye de Claire-Combe, près de Ribiers, l’installation à Lachau des templiers et la construction du prieuré Notre-Dame de Calma.

Le vieux Calma

Au XIIe siècle, le village de Lachau n’occupait pas l’emplacement que nous lui connaissons aujourd’hui, mais le lieudit La Moute, au Sud du village actuel.

Voici ce qu’Alexandre Vernin et Pierre Morard [4] nous disent à ce sujet :

Au sud de l’église Notre-Dame de Calma, …le toponyme Saint-Michel rappelle une église, entourée d’un cimetière, aujourd’hui disparue mais qui existait encore en 1444. Un lieu-dit la Motte, cité dans le parcellaire de 1707, localisé encore plus au sud … fait référence à une désignation courante pour les fortifications du haut Moyen Age. Un habitant de Lachau qui a inscrit certaines mutations sur le parcellaire de 1444, lui associe le nom de Calma vetura, littéralement « Calma la vieille », ce qui invite à placer le premier castrum de Lachau, sur la butte dominant le site de l’église Saint-Michel.

Selon les mêmes, à cette époque, et jusqu’au XVe siècle,

le territoire de la seigneurie médiévale de Lachau, tel qu’on peut le restituer par l’étude des deux censiers du XIVe siècle et du parcellaire de 1444, couvrait des secteurs différents de celui de la commune actuelle. A l’ouest et au nord, il débordait sur l’autre rive de la Méouge qu’un gué permettait de traverser en aval du confluent avec l’Auzance.

Le territoire chaupatier d’outre-Méouge, comprenait le quartier du Brusquet, jusqu’au col de Séouze, et les pentes orientales de la montagne d’Ozeron, jusqu’au quartier des Demesses, ainsi que le quartier de Baraban, rattachés plus tard à Ballons.

A l’ouest, une petite partie de l’actuel territoire d’Eygalayes relevait aussi de Lachau.

Les terres situées au sud de la crête qui porte la tour du Riable, à l’ouest du ruisseau du Malaric et au nord la montagne de Chanteduc, appartenaient à une autre seigneurie qui portait le nom de Balon Lotron.

Le censier de 1330 signale une terre ad furches subtus castrum de Ballonis lotron : le toponyme est loin d’être anodin car il désigne probablement le lieu d’installation des fourches patibulaires (ou gibet), généralement implantées en limite de seigneurie.

La charte des libertés de Lachau (1209)

L’année 1209 est une date charnière de notre histoire régionale. Elle voit tout à la fois le déclenchement de la croisade albigeoise et l’unification des comtés de Provence et de Forcalquier.

A Lachau, elle est l’année de la charte des libertés octroyée à ses sujets par Raimbaud Ier de Lachau. Cette charte des libertés est la plus ancienne des Baronnies et s’applique à tout le domaine (ducatus) de Raimbaud qui couvrait une quinzaine de seigneuries.

Raimbaud accorde ces libertés pour le salut de son âme, mais surtout pour remercier ses sujets de l’avoir soutenu contre son fils qui avait tenté de le déposséder de ses terres. Raimbaud s’était-il absenté pour guerroyer en terre sainte ? Nous ne pouvons qu’émettre des hypothèses à ce sujet.

La charte est octroyée sans contrepartie financière et elle est particulièrement généreuse pour son époque.

Raimbaud donne à ses sujets le droit de se conduire en hommes libres. Ceux-ci pourront s’installer librement dans son domaine. Ils pourront disposer de leurs biens, s’ils décident de les vendre ou de les donner en héritage.

Les impôts et redevances sont allégés. Le seigneur affirme qu’il se contentera de ses cens, c’est à dire une redevance annuelle en argent ou en nature, et il s’interdit tout autre prélèvement discrétionnaire.

En contrepartie, les habitants lui devront une journée de travail par an et les détenteurs de bœufs trois journées de labours.

La charte reconnait aussi un pouvoir à la communauté villageoise qui sera associée à la gestion du domaine de Raimbaud. A cet effet, quatre consuls seront élus à la Toussaint pour conseiller leur seigneur. Ces consuls auront un droit de justice puisqu’il est dit qu’il que lorsque quelqu’un aura fait outrage au seigneur ou commis une mauvaise action, les peines seront appliquées selon leur avis.

Comment cette charte fut-elle appliquée ? René Verdier, qui s’est surtout intéressé à son aspect fiscal, pense qu’elle n’eut que peu de suites. A l’appui de son affirmation, il constate qu’en 1332 les hommes de Lachau étaient soumis à la taille et aux six cas impériaux [5] et que, quelques temps après, ils payaient des impôts qui allaient bien au-delà du cens et des corvées prévues en 1209.

Mais ce que nous devons retenir, c’est que les franchises de 1209 font sortir les sujets de Raimbaud de leur condition servile et qu’elles reconnaissent la communauté villageoise en tant qu’interlocuteur du pouvoir seigneurial.

La charte nous donne en outre le nom de quelques habitants de Lachau, sans doute les notables. Ils appartenaient tous à deux familles, les Lombard et les Bladin. Hormis les seigneurs du lieu, il s’agit des premiers chaupatiers dont le nom nous soit parvenu.

Lachau passe sous la suzeraineté du dauphin (1230)

Dans la charte de 1209, Raimbaud Ier de Lachau reconnait Raimond III de Mévouillon comme son seigneur suzerain et il lui demande, à ce titre, d’être le garant de l’application de la charte accordée à ses sujets.

En 1230, un acte du dauphin nous apprend que Raimbaud de Lachau est devenu vassal du dauphin André [6].

Que s’est-il passé entre ces deux dates ?

Hasardons une hypothèse : Raimbaud II, banni par son père, qui lui reprochait de l’avoir spolié, a pu rechercher un appui du côté du dauphin. Et à la succession de son père, Raimbaud II a tout naturellement manifesté sa gratitude envers son protecteur en reconnaissant sa suzeraineté. Il en avait la possibilité, car la suzeraineté de son père vis à vis de Raimond de Mévouillon était intuitu personae, comme cela se pratiquait à l’époque, et donc révocable.

Raimond de Mévouillon, contrarié de voir le dauphin aux portes du château de Mévouillon, ne manque pas manque de réagir et c’est un compromis qui est trouvée : les fiefs de Raimbaud proches de Mévouillon, à savoir Lachau, Ballons, Ballons Lotron, Gaudissard (Eygalayes) et Eourres, dépendront du seigneur de Mévouillon qui lui-même sera vassal du dauphin pour ces fiefs. Le dauphin, quant à lui, garde la totale suzeraineté sur les fiefs de Raimbaud de Lachau situés à l’est : le Val de Barret, Chateauneuf, Ribiers et une partie d’Upaix.

Voilà donc la seigneurie de Lachau, passé de franc alleu, à une double dépendance. Il n’est dès lors pas étonnant que, par la suite, les seigneurs de Lachau, même s’ils conservent le patronyme de Calma, se fassent reconnaître par d’autres seigneuries de leur domaine, celle du Val de Barret, puis celle de Ribiers, où ils possèdent une résidence dès le milieu du XIIIe s.

La suzeraineté des seigneurs de Mévouillon sur Lachau est confirmée le 1er juin 1237 à Raimond IV de Mévouillon et à son frère Raimond le bossu par la dauphine Beatrix.

Dans son testament du 21 octobre 1242 [7], Raimond le bossu lègue cette suzeraineté à sa fille, Galburge de Mévouillon, qui en fait un élément de sa dot lorsqu’elle épouse, le 2 juin 1247, Lambert II Adhémar, seigneur de La Garde et Montélimar [8].

Par héritage, la suzeraineté sur Lachau passe ensuite à Hugues II Adhémar et Guigues, fils de Lambert, puis à Hugues III, fils de Hugues II, puis à Lambert, fils de Hugues III.

Les Adhémar ont-ils acquis dès 1247, outre le haut domaine sur Lachau, 8/9e de la seigneurie directe de Lachau, comme l’affirment certains ? Nous ne le pensons pas puisque dans tous les actes de la seconde moitié du XIIIe siècle et jusque vers 1330, les Lachau apparaissent toujours comme les tenants de la seigneurie directe du lieu.

Le seigneur et la communauté villageoise

En cette seconde moitié du treizième siècle et au début du siècle suivant, la vie du village nous est connue par les chartes passées sous l’égide des seigneurs formaliser les droits de leurs sujets. Ainsi, en décembre 1264, Bertrand-Raybaud, seigneur de Lachau, transige avec les hommes de Lachau au sujet des corvées et des censes qui lui étaient dues [9].

L’objet de ces chartes est plus souvent d’établir les droits réciproques entre la communauté de Lachau et celles des villages voisins, en particulier pour le droit de pâturage et celui de l’exploitation du bois.

En octobre 1266, Bertrand-Raybaud, en son nom et en celui des hommes de Lachau conclut un accord avec Bertrand de Sault, seigneur de Gaudissard et représentant de la communauté de ce lieu, qui reconnait aux deux communautés le droit réciproque de vaine pâture et d’exploitation du bois sur leurs territoires respectifs. Il est également convenu que les hommes de Lachau devront faire hommage au seigneur de Gaudissard pour leurs terres de Gaudissard [10].

Le 4 janvier 1284, Bertrand de Mévouillon-Lachau et Galburge de Mévouillon-Mison sont sollicités par les communautés de Ballons et de Lachau, pour arbitrer un litige qui les opposait au sujet des droits de pâture et d’exploitation des bois. A cette occasion, les arbitres décident que les premiers pourront faire paître leurs troupeaux sur le territoire de Lachau et que les seconds pourront se fournir en bois dans les bois de Ballons, à l’exception du bois de Chabre où les prélèvements sont limités [11].

En 1299, les communautés de Lachau et de Gaudissard s’opposent à nouveau sur les droits de pâturage et de bûcherage, mais aussi sur l’emplacement et le nombre des fours à chaux. Ils choisissent pour arbitre Bertrand Lombard, de Lachau, et Geoffroy, de Séderon. Un compromis intervient[12], mais nous allons voir qu’il ne mit pas terme au différend qui se réglât par la force.

De l’année 1317 (juin), nous sont parvenus des propositions des bailes de Lachau (représentants du seigneur) et du seigneur au sujet des droits de chasse aux perdrix et autres gibiers [13].

Galburge de Mévouillon, dame de Lachau, et le siège de Gaudissard

Galburge de Mévouillon est une femme hors du commun. Fille de Bertrand de Mévouillon, seigneur de Serres et de-Mison, elle est princesse d’Orange, par son mariage avec Guillaume III des Baux, puis dame de Lachau par son second mariage avec Raimbaud de Lachau.

Nous l’avons vu intervenir, en 1284, comme arbitre entre les communautés de Ballons et de Lachau.

Le nom de Galburge est ensuite cité dans une véritable guerre qui opposa, en 1302, le village de Gaudissard (Eygalayes) et les communes voisines au sujet de fours à chaux, construits à Gaudissard et dont l’alimentation était source de prélèvements excessifs dans les bois des communautés voisines.

A cette époque, Gaudissard, ancienne possession des Mévouillon-Lachau, est devenue provençale et son seigneur est Falques de Pontevès.

Un premier incident se produit lorsque quatre ou cinq hommes de Lachau qui étaient venus protester sont enfermés dans un four par les habitants de Gaudissard.

En réaction, ceux de Lachau, Izon, Ballons, Barret, Salérans, Laborel, Villebois, Etoile et d’autres lieux prennent les armes. Pendant trois jours, ils assiègent le château de Gaudissard, le détruisent et avec lui les fours à chaux et les moulins. Ils pillent l’église et molestent le prieur de St-Jaume, s’emparent de treize bœufs et d’une ânesse, et enfin font quelques prisonniers parmi les habitants.

Sur dénonciation du bailli de Falques de Pontevès, la justice provençale est saisie. Elle prononce des condamnations qui sont confirmées en appel. Pierre Sicard, de Lachau, est condamné à 100 ? sols ; Guillaume Danoda aussi ; Guillaume Najal et Jacques Tourneur, à 40 sols ; Ponce Cordoneri, à 60 sols, etc. (16 juin 1302) [14]

Mais, bien qu’une enquête du 16 juin 1302, menée par le juge de Sisteron insiste sur le fait que la Provence était alors tranquille et en paix, et que les assaillants étaient attroupés et armés de divers genres d’armes, tant à pied qu’à cheval, en forme d’armée, Galburge et son époux ne sont pas inquiétés [15].

Les templiers à Lachau

Les templiers sont établis à Lachau dès le XIIe siècle. Un commandeur de Lachau est en effet mentionné, en 1168, comme témoin d’une transaction passée entre le prieur de Ganagobie et le chapitre de Sisteron [16].

Leur implantation était le fruit d’une libéralité de Raimbaud de Lachau, seigneur du lieu, comme nous l’apprend un inventaire de 1308 [17], qui fait état d’une charte portant son sceau, par laquelle il avait fait donation à l’ordre du Temple de terres situées à Lachau.

Les Mévouillon-Lachau étaient proches du Temple et des ordres chevaleresques nés des croisades, comme le montre l’installation sur leurs terres des Hospitaliers, à St-Pierre-Avez, et vraisemblablement de l’ordre du Saint-Sépulcre à Lachau. Rappelons que Raimbaud de Lachau et son frère Jean, en 1163, puis Hugues de Lachau, en 1168, sont témoins d’actes passés à la commanderie templière de Richerenches.

La commanderie de Lachau semble avoir une certaine importance et son responsable disposer d’un droit de regard sur les possessions de l’Ordre en Gapençais [18]. C’est ce que suggère, en avril 1252, la présence de Pons Niellus, précepteur templier de Lachau, lors d’un échange de biens entre son ordre et le prieuré de Lagrand.

Le 24 janvier 1308, lorsque les templiers de Provence sont arrêtés, Guillaume Augeri, commandeur de Lachau, fait partie des prisonniers conduits au château de Pertuis. L’inventaire des biens de la maison templière, qui est alors dressé, mentionne la charte de donation de Raimbaud de Lachau (cf supra), mais aussi un fourreau d’oreiller, 3 essuie-mains, une paire de manchettes en brunette, un chapeau de feutre, 2 gantelets de fer, 2 bottes en cuir, un livre contenant la Légende Dorée et un cartulaire, transporté à Sisteron. Il cite également 33 charges de vin pur et 23 de piquette.

L’énumération des autres biens se réduit à des terres, maisons et moulins, à des censes et à des redevances pour droit de sauvegarde. Ainsi, Pons Cordoneri doit 7 deniers pour pré et chenevière. Batailleur 10 sols pour des immeubles à Villefranche, Hugues Sparron 3 oboles, aux foires de Mévouillon, pour son pré des Bordels, Pons Areille, la 5e partie ou le quint de ses récoltes et une petite cornue de raisins pour sauvegarde, Guillaume Ylabès et Isnard Bermond, au nom de Guillaume Bertrand, exilé, les mêmes droits [19].

La tradition place la commanderie de Lachau au lieudit le Temple, sur la rive droite de la Lozance. Nous ne connaissons pas l’étendue de ses biens immobiliers, mais comme ces biens furent ensuite transférés aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, nous pouvons induire des parcellaires hospitaliers qu’ils se situaient principalement sur la rive droite de La Lozance et au sud de la Méouge.

En comparaison, les possessions du prieuré de Notre Dame de Calma, détenues par l’abbaye du Saint-Sépulcre, puis par Cluny, sur la rive gauche de la Lozance, sans doute également du fait des libéralités de Raimbaud (I) de Lachau, apparaissent beaucoup moins importantes.

Quelques repères historiques sur les années 1300 à 1453 (la Guerre de Cent ans)

 

A l’orée du XIVe siècle, l’Occident est en crise.

La production agricole ne suffit plus pour nourrir une population qui n’a cessé de croître depuis le Xe siècle. Une grande famine marque les années 1315-1317.

Les épidémies déciment une population fragilisée. En 1347, la peste noire apparait à Marseille et se répand dans toute l’Europe. De 1347 à 1352, elle tue 30% de la population.

L’appauvrissement est général. La noblesse qui ne peut plus maintenir son rang par le seul revenu de ses terres cherche la fortune dans la guerre.

En 1337, commence la Guerre de Cent ans qui oppose les Capétiens et le parti anglais, avec la couronne de France pour enjeu. Elle ne s’achèvera qu’en 1453.

 

En Dauphiné – Le dauphin Guigues VIII meurt, en 1333, devant La Perrière, en combattant le duc de Savoie. Humbert II, son frère, qui lui succède, connait de graves ennuis financiers et n’a pas d’héritier. Sa succession est réglée par le « transport » du Dauphiné au roi de France, ou plutôt à son fils Charles, futur Charles V, en1349.

Le 2 juin 1337, les Baronnies, indépendantes sous les Mévouillon, sont unies au Dauphiné. Elles vont connaître alors la guerre, les épidémies et un profond déclin économique.

En 1357, la guerre éclate entre la Provence et le Dauphiné.

Dans les années qui suivent, les Grandes Compagnies, composées de soldats démobilisés après le Traité de Brétigny de 1360, et d’anciens mercenaires d’Edouard III d’Angleterre, se répandent dans le Dauphiné et se livrent au pillage. Les seigneurs dauphinois s’allient pour les repousser.

En 1368-1369, en réaction à la campagne lancée en Provence par Louis d’Anjou et du Guesclin, au nom de Charles V, roi de France, que l’empereur, son oncle, avait nommé vicaire impérial du royaume d’Arles, les troupes provençales de Fouques d’Agoult répondent en envahissant le Dauphiné par les vallées de Rosans et de Lachau et mettent la vallée de la Durance à feu et à sang.

En 1411, la peste atteint les Baronnies où elle décime près de la moitié de la population

En 1415, à Azincourt, puis en1434, à Verneuil, près d’Evreux, de nombreux gentilshommes de l’armée du dauphin trouvent la mort, en combattant les anglais et leurs alliés bourguignons.

De 1447 à 1456, le dauphin Louis, le futur Louis XI, exilé pour avoir comploté contre son père, le roi Charles VII se réfugie en Dauphiné, avant de s’enfuir à nouveau, en 1456, dans le Brabant, chassé par son père pour de nouvelles intrigues.

 

En Provence – Jeanne, fille de Robert d’Anjou, lui succède en 1343 à la tête du royaume de Naples et du comté de Provence. Elle désigne successivement, pour lui succéder, Charles III de Duras (de la maison de Hongrie), puis Louis Ier d’Anjou. Furieux d’être déshérité, Charles envahit le royaume de Naples, assassine Jeanne, et se fait couronner roi.

A la mort de Jeanne, en 1382, Louis Ier d’Anjou lui succède en Provence. Il dépossède Raimond de Turenne des fiefs (dont Séderon) donnés à son père par la reine Jeanne. Raimond était aussi en contentieux avec la papauté au sujet de prêts non remboursés. S’estimant spolié, il ravage la Provence et les possessions papales jusqu’à ce qu’il soit bouté hors de Provence en1398.

Louis Ier d’Anjou, meurt, en 1385, en essayant de reprendre Naples à Charles de Duras. Son fils, Louis II d’Anjou (1385-1417), qui lui succède, s’épuise, lui aussi, à tenter de reprendre Naples et il ne peut empêcher Nice de se donner au duc de Savoie en 1388.

A la mort de Louis II, son fils Louis III (1417-1433) lui succède. Puis René d’Anjou, « le roi René », succède en 1443 à son frère Louis III d’Anjou.

Par héritage, la Provence revient en 1481 au roi de France (Louis XI).

[1] F. de Ripert-Monclar, Cartulaire de la commanderie de Richerenches, charte N°179

[3] RD, n°4650

[3] Une généalogie détaillée figure dans l’annexe consacrée aux seigneurs de Lachau.

[4] Au Moyen Age entre Provence et Dauphiné, Actes du Colloque de Lachau de 2009, p.176

[5] Les vassaux devait apporter une participation financière dans « les cas impériaux », c’est à dire lorsque le seigneur marie ses filles, est armé chevalier, achète des terres, part pour la croisade, part en pèlerinage à Saint-Jacques-de-Compostelle ou se rend à la cour du pape à Rome.

[6] RD 7027

[7] RD 7590

[8] RD 8341

[9] RD ST1341

[10] RD ST1383 (AD26, Invent.Lachau, E3330)

[11] RD 12679, AD26, E3185 et ST 1776

[12] RD 15299 et St 2236

[13] RD ST 2924

[14] AD26, E 3152

[15] AD26, E 3181, E 3152

[16] Bernard Falque de Bezaure, Sur les traces des templiers de la Drôme, du Gard et de l’Hérault.

[17] AD13, 155 série B.

[18] Joseph-Antoine Durbec, Les Templiers et Hospitaliers en Provence et dans les Alpes-Maritimes, Grenoble, 2001

[19] André Lacroix, Histoire de l’arrondissement de Nyons, p.340 et 355