Les Mévouillon-Lachau et les Grolée-Mévouillon

Généalogie des Mévouillon-Lachau

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Les Mévouillon-Lachau

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(I) RAIMBAUD Ier de LACHAU (1209)

Raimbaud Ier (ou Raybaud) est très vraisemblablement l’un des fondateurs de l’abbaye de Claire-Combe, édifiée à Ribiers, vers 1190, par les moines de Chalais. On lui attribue le même rôle pour le prieuré ND de Calma et de la commanderie templière de Lachau.

Raimbaud dut s’absenter de son domaine (on pense à la 4ème croisade). Quand il revient, son fils s’est emparé de ses terres. Pour remercier ses vassaux et ses hommes de lui avoir permis d’être rétabli dans ses droits, il leur accorde en 1209, une généreuse charte de libertés.

De son épouse, Alix ( Alasacie), naît Raimbaud (II) qui lui succède.


(II) RAIMBAUD II (1216-1242)

Raimbaud (II) semble être ce Reiambalts de la Calm qui, en 1216, pendant la croisade albigeoise, participe au siège de Beaucaire (v. page suivante).

Après la reconnaissance de la suzeraineté delphinale, vers 1230, les Lachau apparaissent dans la mouvance des dauphins ; en 1233, on voit ainsi Raimbaud et ses fils assister à l’hommage que le dauphin prête à l’évêque de Gap, pour ses possessions dans le diocèse de Gap.

Un acte du 27 janvier 1241 est passé dans sa maison de Ribiers.

De son épouse Béatrix, il a Bertrand et Bertrand-Raimbaud qui lui succèdent en 1249.


(III) BERTRAND Ier et BERTRAND-RAIMBAUD

BERTRAND I (1249-1270)

En compagnie de son frère Bertrand prête hommage au dauphin, le 7 septembre 1249, pour Barret, Ribiers, St-Etienne et Creissent.

Le 16 février 1258, à Riez, il est l’un des témoins de l’hommage du dauphin au comte de Provence pour le Gapençais.

Le 12 octobre 1260, il est arbitre entre Galburge de Mévouillon et ses vassaux de Laborel.

Le 30 avril 1267, en compagnie de son frère, il est témoin à Brignoles de l’investiture de Charles d’Anjou, comme comte de Provence et de Forcalquier.

Le 29 juin 1270, il prête hommage au dauphin Jean, âgé alors de 13 ans, pour châteaux de St-Etienne, Barret-le-Haut, Creissent, Ribiers et la demi de Château-Giraud.

En 1247, Bertrand épouse Guillelma, fille de Guillaume Augier, seigneur d’Oze. Cousin au quatrième degré de la mariée, il obtient une dispense de consanguinité, accordée le 8 février par le pape Innocent IV, sur l’intervention de Béatrice de Savoie, comtesse de Provence.

RAIMBAUD DE LACHAU, A LA CROISADE ALBIGEOISE

 

Le texte qui suit est extrait de La chanson de la croisade albigeoise, un long poème écrit en occitan pour raconter la guerre menée, au début du XIIIe siècle, par la papauté et le roi de France contre les hérétiques albigeois et le comte de Toulouse.

Nous sommes en 1216 et les deux camps vont s’affronter à Beaucaire. Le jeune comte cité dans le texte est Raymond VII, fils de Raimond VI, comte de Toulouse, duc de Narbonne, marquis de Provence et chef du parti occitan. Simon est Simon de Montfort, seigneur de Montfort l’Amaury et comte de Leicester, qui dirige la croisade. Raimbaud de La Calm (Raimbaud de Lachau) appartient au camp des croisés et Raimond de Montauban, dans le camp opposé, est son parent.

 

Et le jeune Comte entra en Venaissin, désireux de prendre l’hommage de Pernes, de Malaucène, de Baumes et de maints châteaux qui lui appartiennent, et d’y mettre garnison.

Mais dans peu commencera le mal, le dommage, la lutte, car les clercs et l’évêque lui sont hostiles ; le prince des Baux lui fait la guerre, et le glouton et avare Raimond Pelet, et Nîmes, Orange et Courthezon, Raimbaud de la Calm, Jean de Semic le bon, Lambert de Montélimar, et maints autres au cœur méchant et faux.

Mais de ce côté s’élève contre eux Marseille et Tarascon, l’Isle, Pierrelate et Guy de Cavaillon, Aymar de Poitiers et son fils Guillaume, Guillaume Artaud de Die, homme puissant et courageux, Bernard de Mureus avec d’habiles compagnons, Guiraud Adhémar et son fils Guiraudet, Raimond de Montauban, Dragonnet le preux, Eléazar d’Uzès, puis Albaron, Bertrand Porcellets, Pons de Mondragon, Richard de Caromb, Pons de Saint-Just le bon.

Désormais c’est la guerre pour Simon, pour son fils Amaury et pour son frère Guy, car le comte duc et marquis, du lignage d’Alphonse, lui dispute sa terre.

(La Canson de la Crosada – traduction de P. Meyer)

 

BERTRAND-RAIMBAUD (1249-1270)

En 1254, il passe un accord avec Lambert Adhémar au sujet des droits réciproques des communautés de Vers et de Gaudissard.

En décembre 1264, il transige avec les habitants de Lachau sur les corvées et les censes qu’ils lui devaient

En octobre 1266, il conclut un accord avec Bertrand de Sault sur les droits des communautés de Lachau et de Gaudissard en matière de pâturage et de bucheronnage.

La même année, sa cousine Galburge lui donne les châteaux d’Orpierre, Lagrand, Ste-Colombe, Etoile, Villebois, Laborel, Chanousse, Chabrel et Izon. La donation de Galburge avait été faite au détriment de ses créanciers. Bertrand-Raimbaud est bientôt dépossédé d’une partie de ces fiefs par la justice du dauphin au profit de Philippe de Laveno, créancier de Galburge.

Il décède vers l’année 1270.

De son épouse Stéphanie, il a plusieurs enfants : Bertrand (II), Raimond, Catherine, et peut-être aussi Raimbaud et Pierre.

 


(IV) BERTRAND II, RAIMBAUD III ET GALBURGE

 

BERTRAND II (1284-1306)

Seigneur de Lachau, Ballons et Barret.

Bertand (II) succède à son père Bertrand-Raimbaud en 1270 et vers 1283 à son oncle Bertrand (I), date à laquelle sa mère Stéphanie est en procès au sujet de la possession de Lachau.

En 1284, avec Galburge, il arbitre un différend entre habitants de Ballons et de Lachau.

Le 13 juillet 1292, avec son frère Raimond, il est témoin à Vienne de la donation par Humbert et son épouse Anne, dauphins, à leur fils Jean de tout le Dauphiné, « pour après leur mort ». L’acte le nomme Bertrandet, seigneur de Barret.

Dossier 2 Img 2+ S . BERTRAND : DE MEDVLLIONE . DE   CALMA

Sceau de BERTRAND de MEVOUILLON-LACHAU seigneur de Barret, appendu à la charte de donation du Dauphiné (juillet 1292)

Archives Nationales; Douët d’Arcq n°3012 –  R 2022 supp.; J.Roman, Description, n°234

Raimbaud (III) lui succède dans les actes. Nous n’excluons pas qu’il s’agisse en fait de la même personne ayant repris le prénom emblématique de la lignée.

 

RAIMBAUD III (1298-1308)

Seigneur de Ribiers, St-Etienne, Creyssint et Val de Barret. Claire combe.

Le 11 mars 1298, après la mort de la dauphine Anne, il prête hommage à Humbert, son époux.

Vers 1270, il épouse sa cousine Galburge, veuve de Guillaume d’Orange (cf infra).

Le 9 octobre 1306, Dragonet de Mondragon, prieur de St-Gilles, lui prête, ainsi qu’à son frère Pierre, pour Claire-Combe (il est appelé Bertrand dans ce document).

De 1303 à 1308, il est partie prenante dans le différend qui oppose son épouse Galburge à Raimond de Mévouillon au sujet de la suzeraineté des terres qu’elle avait héritées de son père.

GALBURGE DE MEVOUILLON (1239-1308)

Dame de Serres et de Mison, princesse d’Orange, puis dame de Lachau et d’Izon

Galburge a marqué de sa personnalité le Dauphiné et la Provence du XIIIe siècle. Elle figure ici en raison de son remariage, vers 1270, avec Raimbaud III de Lachau.

Dossier 2 Img 3Sceau de Galburge de MEVOUILLON princesse d’Orange appendu à l’hommage au comte de Provence passé avec son époux le 1er août 1256

Blancard, p.53-4 moulage A.N. n° ST. 5345

Née vers 1235, elle est la seconde fille de Bertrand de Mévouillon, seigneur de Serres et de Mison, et de Beatrix (de Lachau ?).

En 1239, alors qu’elle n’a que quatre ans, elle est promise à Guillaume des Baux, prince d’Orange, avec pour dot tous les biens de son père en Gapençais, à recevoir à la mort de ce dernier. Cette dot est considérable : châteaux de Serres et de Mison, mais aussi Arzeliers, Chabrel, Chanousse, Château-Giraud, Châteauneuf-de-Chabre, Eyguians, Etoile, Izon, Lazer, Laborel, Méreuil, Montéglin, Orpierre, Le Poët, Pomet, Villebois, Ste-Colombe, Ste-Marie-de-Lagrand, Saléon et Sigottier. Le mariage est célébré en 1248.

Vassale du dauphin, elle va jouer de la rivalité qui oppose celui-ci au comte de Provence. Ainsi, en 1256, avec son époux, elle se reconnaît vassale de Charles II d’Anjou, roi de Naples, et comte de Provence ; ce qui lui vaut de recevoir en contrepartie un beau cheval noir. Son sceau, appendu à l’acte d’hommage, la représente en cavalière brandissant une épée. Mais cette reconnaissance n’empêchera pas ledit comte de rétrocéder au dauphin, quelques temps après, la suzeraineté que Galburge lui avait reconnue.

Son père meurt vers 1255. Puis c’est son mari qui décède, en 1259. Désormais privée de leur protection, ses biens menacés. Le dauphin, qui l’appelle sa cousine, lui apporte son appui mais en contrepartie, Galburge doit reconnaître qu’elle tient de lui le château de Mison, lui prêter hommage lige et enfin elle doit s’engager à ne pas se remarier sans son autorisation.

Le problème de son remariage se pose en effet, puisque Galburge souhaite épouser Guillaume de Tournon ; mais le dauphin ne donne pas son accord à cette union.

En 1260, elle fait arbitrer par Bertrand de Lachau un différend avec ses vassaux de Laborel.

Pour faire face à ses dettes, Galburge doit bientôt se défaire d’une partie de ses biens. En 1263, elle vend Mison au comte de Provence, Charles Ier d’Anjou. En 1264, elle est contrainte de vendre Serres, Méreuil et Orpierre, puis Lazer, Arzeliers et Le Poët, au dauphin.

En 1266, elle possède encore des droits sur Orpierre qu’elle cède, avec Lagrand, Ste-Colombe, Etoile, Villebois, Laborel, Chanousse, Chabrel et Izon, à son cousin Bertrand-Raimbaud de Lachau. Cette cession était une tentative pour conserver ces biens dans le giron familial, au détriment des créanciers de Galburge ? on peut le penser puisque nous avons vu que, Bertrand Raimbaud en fut dépossédé peu après, au profit de Philippe de Laveno, créancier de Galburge.

Le 17 octobre 1270, elle prête hommage à Béatrice de Faucigny, veuve du dauphin Guigues : Serres et Orpierre, dont elle avait du conserver une partie sont inclus dans les fiefs hommagés.

Galburge épouse, vers 1270, son cousin Raimbaud de Lachau ; et celle qui était appelée dame de Serres et de Mison devient dame de Lachau et d’Izon.

Un jugement du 22 avril 1279 montre qu’elle est toujours débitrice de Philippe de Laveno. Peut-être même a-t-elle tenté de dissimuler des biens susceptibles d’être saisis, puisque celui-ci, dans un nouveau procès, lui reproche d’avoir ordonné à sa mère de donner 500 marcs d’argent fin à Barral, seigneur des Baux.

Le 5 septembre 1283, elle donne procuration à Rostaing de Sault, seigneur d’Alauzon, et à Olivier de Montferrand pour reconnaître au dauphin Humbert ce qu’elle tient de lui. Et un acte du 11 septembre suivant atteste qu’elle a ensuite prêté un hommage-lige au dauphin Humbert et à la dauphine Anne.

En 1284, avec Bertrand de Lachau, elle arbitre un différend entre les communautés de Lachau et Ballons (cf supra).

Le 13 juillet 1292, à Vienne, seule femme parmi les grands seigneurs du Dauphiné, elle est témoin de la cession du Dauphiné par les dauphins Humbert et Anne à leur fils Jean II.

Le 2 avril 1295, Jean II, comte de Gap et d’Embrun, promet de défendre Galburge contre tous, que ce soit « de plaid ou de guerre ». Ce qui n’empêchera pas celle-ci de contester ses droits.

Un acte du 24 mars 1298 en témoigne dans lequel Jean II, devenu dauphin, déclare qu’il possède des droits sur les fiefs et seigneurie de la dame de Lachau, tant pour les anciennes donations que pour le droit de « commise »[1], attendu qu’elle n’a pas prêté hommage en due forme. Il affirme encore tenir de sa main Serres et Sigottier et posséder en toute propriété le château d’Orpierre. Il accepte cependant l’hommage pour les terres que Galburge détient encore. Cet hommage est rendu le même jour par le procureur de Galburge et porte notamment sur Pomet, Montéglin, Châteauneuf-de-Chabre, Etoile, Le Poët et Château-Giraud. L’acte confirme à contrario que Galburge a définitivement perdu Serres et Orpierre, mais encore Lagrand, Méreuil et Sigottier.

En juin 1302, elle est soupçonnée d’avoir fomenté l’attaque de Gaudissard.

En juillet 1303, Raimond VI, seigneur de Mévouillon revendique des droits sur l’héritage de Béatrice, sœur de Galburge : il réclame l’hommage pour une dizaine de châteaux dont Galburge avait hérités de son père. Comme il fallait s’y attendre, celle-ci conteste ; un arbitre est choisi en la personne de Bertrand d’Eourres, damoiseau. Une première transaction, du 4 août, fait obligation à Galburge et à son époux, Raimbaud de Lachau, de prêter hommage à Raimond de Mévouillon pour Pomet, Arzeliers, Izon, Châteauneuf-de-Chabre, Montéglin, Eyguians et Saléon ; en contrepartie, il est convenu que Raimond leur cèdera les châteaux de Laborel, Villebois et Etoile, sous condition d’hommage. L’affaire n’est cependant pas close : les transactions se poursuivent les années suivantes jusqu’à ce qu’une nouvelle sentence arbitrale, rendue le 14 août 1308, ordonne à Galburge de prêter hommage à Raimond VI. C’est la dernière mention de Galburge encore en vie.

 


(V) RAIMBAUD IV (1315-1330)

 Nous le présumons fils de Raimbaud III et de Galburge.

Seigneur de Lachau, Valbaret, Clairecombe, Izon, Etoile, Arzeliers, Saléon, Pomet, Laborel, Villebois, Montéglin, Eyguians et Châteauneuf-de-Chabre.

Chanoine de Gap.

Raimbaud IV prête hommage au dauphin le 27 septembre 1316,

Le 24 juillet 1319, son fils Guillaume prête hommage en son nom pour le Val de Barret à Henri Dauphin, évêque de Metz, frère du dauphin, auquel ce dernier venait de donner les baronnies de Mévouillon et de Montauban. A cette occasion, Henri lui « concède en fief noble et antique les droits régaliens de ses terres ».

Au décès de son épouse, il laisse la direction de son domaine à son fils Guillaume et entre en religion. En 1324, le pape Jean XXII lui attribue un poste de chanoine au chapitre de Gap.

Raimbaud prête hommage plusieurs fois à Henri Dauphin entre 1325 et 1329.

Il meurt avant 1330.

Il a trois fils : Raimbaud (V), Guillaume et Pierre.


(VI) RAIMBAUD V, GUILLAUME V et PIERRE I

 

RAIMBAUD V (1334-1343)

Sacristain d’Aix et prieur de Laup-Jubéo

A l’image de son père, Raimbaud IVl se tourne vers la vie religieuse.

Il devient sacristain d’Aix-en-Diois, puis prieur de Laup-Jubéo.

Le 31 juillet 1338, le dauphin lui confirme l’exemption des droits de régale accordée à Raimbaud de Lachau ainsi qu’à ses successeurs, par Henri dauphin, évêque de Metz.

Le 18 août 1342 et le 23 août 1343, il finalise un accord de partage avec son frère Guillaume, au sujet de terres de leur héritage paternel.

GUILLAUME V (1319- +1356),

Le « Barbe-Bleue de la Méouge »

Le 21 mars 1330, en tant qu’héritier de son père Raimbaud, il prête hommage au dauphin Guigues VIII pour Barret, Ribiers, St-Etienne, Creissent, Château-Giraud, Claire-Combe, ainsi que pour Ste-Colombe, Chabrel, Chanousse en partie, et les régales de sa terre.

Le 5 juin 1332, avec Lambert Adhémar, co-seigneur de Lachau, il reçoit l’hommage lige de Raimond, Garcin, Bermond, Gautier et d’autres habitants du lieu.

Profitant de l’insécurité générale, il s’installe à Pomet d’où il pratique le brigandage seigneurial. J.Roman le qualifie de « Barbe bleue de la Méouge ». Sa conduite lui vaut d’être poursuivi par la justice du dauphin pour des vols, meurtres et séquestrations et condamné à une amende de 26.240 florins d’or « pour avoir enlevé et violé plusieurs femmes ». En Avignon, le 3 novembre 1339, il transige avec le dauphin pour le paiement de son amende, lui cédant ses droits sur Laborel et promettant de payer en sus 8.000 florins.

A cette époque, il procède à la vente de plusieurs biens. A-t-il également cédé une partie de ses droits sur Lachau ? Toujours est-il qu’en janvier 1340, il autorise les hommes de Lachau à prêter hommage au co-seigneur Lambert Adhémar pour 8/9e de ce fief

Son fils Louis lui succède en 1356, sous la tutelle de son oncle Pierre.

PIERRE Ier, dit PIERRE REYNIER (1356-1365)

Frère des précédents.

A la mort de son frère Guillaume, il devient tuteur de Louis, fils du défunt, qui est encore mineur. Le 20 février 1350, en tant que tuteur de son neveu, il prête hommage au dauphin, pour Barret, Ribiers, St-Etienne, Creissint, Château-Giraud, Claire-Combe, Saléon, Arzeliers, Eyguians, Pomet, Châteauneuf, Montéglin, la moitié de Ste-Colombe et le quart de Chanousse.

Deux actes de juillet 1366 de la Cour des comptes du Dauphiné le disent capitaine du Gapençais et des Baronnies, seigneur d’Arzeliers, de Val de Barret et de Sainte-Colombe.

De son épouse, Eléonore Adhémar, veuve de Pierre de Barres, il a Baudoin, seigneur d’Arzeliers, Isnard, seigneur de Montjay, et sans doute Guillaume VI ci-après.

 


(VII) GUILLAUME VI DE MEVOUILLON (1376-1405)

A partir de cette génération, les Mévouillon-Lachau, qui ne possèdent plus qu’1/9e de Lachau, abandonnent le nom de Lachau pour ne conserver que celui de Mévouillon.

Bailli de Gap et d’Embrun.

Guillaume (VI), que l’on suppose être le fils de Pierre Ier, prête hommage en 1376 au dauphin pour Ribiers, Pomet, Barret, Châteauneuf, St Etienne, Creissent, Château-Giraud et Claire-Combe.

En récompense de ses services, le dauphin lui confie la châtellenie d’Upaix qui semble avoir été accordée ensuite à son fils Guillaume (VII). Autre signe de reconnaissance, le gouvernement du Dauphiné lui est confié temporairement en 1406, en l’absence du gouverneur, Geoffroi de Boucicaut, second personnage du Dauphiné après le dauphin.

Son épouse pourrait être une Venterol. D’elle, il a Bertrand, mort au combat à Naples en 1399, et Guillaume.


(VIII) GUILLAUME VII (1382-1429)

Dossier 2 Img 4Sceau de Guillaume de MEVOUILLON

Sénéchal de Beaucaire sur une quittance remise en contrepartie des gages perçus pour ses services en Languedoc (1422)

moulage A.N. – cl. 6063 (5071)

 

Sénéchal de Nîmes et de Beaucaire. Guillaume VII de Mévouillon (Meulhon) fut un des grands capitaines de son temps.

Il fait ses premières armes à Naples où, en compagnie de son frère aîné Bertrand, il accompagne Louis Ier d’Anjou. Les deux frères y guerroient de 1382 à 1384. De retour en Provence, Guillaume soutient Louis dans sa lutte contre Charles de Duras.

En 1386, il rejoint l’armée du roi de France qui se prépare à investir l’Angleterre ; mais ce projet n’eut pas de suite.

En 1390, il est en Barbarie en Afrique du Nord, avec Louis II de Bourbon. Il y est armé chevalier par Jean de Vienne, amiral de France. On a ensuite trace de sa présence au St-Sépulcre et au Mont Sinaï où il se rend en pèlerinage.

En 1394, il est en Lombardie, sous les ordres de François de Sassenage, pour repousser les condottieri qui s’en prenaient aux possessions de Louis d’Orléans. Peu après, il fait partie de la troupe d’Enguerrand de Coucy partie à la conquête de Gênes. Et lorsque Savone est prise, il est chargé de sa défense avec 200 cavaliers et 400 archers. Il y subit un siège de deux mois.

En 1396, il participe, aux côtés de Louis de Sancerre, à la guerre contre le comte de Foix.

En 1399, il est dans l’armée du connétable Jean de Boucicaut qui se rend à Constantinople pour secourir l’empereur byzantin Manuel II Paléologue. En chemin, mandé avec Tallebard et Louis de Ligny pour prendre des nouvelles de Louis II d’Anjou, assiégé dans Naples, il se heurte à la marine de Charles de Duras ; son frère Bertrand se noie en montant à l’abordage d’une galère. Parvenu enfin à destination, il s’illustre dans les combats contre les Turcs.

En 1402, il est envoyé en Avignon par Louis d’Orléans, avec Robert de Braquemont, avec mission de réconcilier le pape Benoît XII et le Sacré Collège, qui s’opposait à lui. Il y demeure deux ans. Pendant cette mission, le roi de France l’envoie en ambassade à Gênes pour demander aux Génois de se soumettre à l’autorité du pape.

Le 13 décembre 1405, son cousin Lambert Adhémar lui donne Roynac et Montboucher.

En 1405, on le retrouve avec Boucicaut qui lui confie pendant deux années la garde de la ville de Sézanne, en Italie. Puis le connétable l’envoie en Sardaigne ; mais Guillaume est capturé par un détachement aragonais en rejoignant sa flotte. Tout près d’être exécuté, il est finalement libéré contre rançon après 7 mois de détention à Cagliari.

En 1413, il prête hommage au dauphin pour les châteaux de St-Etienne, Château-Giraud, Pomet, Barret-le-Haut, Châteauneuf-de-Chabre, Creyssint, Claire-combe et Vaucluse.

En 1415, après la bataille d’Azincourt, au cours de laquelle son fils Aimar trouve la mort, il réunit une troupe de 50 hommes d’armes dauphinois et rallie en Normandie l’armée du duc de Guyenne. Depuis Falaise, où il est cantonné, il combat les Anglais qui assiègent Caen. Il participe par la suite aux sièges de Salins, Soissons et Pontoise.

En 1418, il rejoint le Languedoc, et le 4 août, le dauphin le nomme sénéchal de Beaucaire en remplacement de Guillaume Saignet. Il est alors chargé de plusieurs missions diplomatiques, à Florence, auprès du pape, et en octobre 1419 auprès du duc de Savoie.

Un acte du 19 février 1420 décline ses titres : conseiller et chambellan du dauphin-régent, sénéchal de Nîmes et de Viviers, et conservateur de Valentinois et Diois.

Au début de 1420, il est avec le dauphin, le futur Charles VII, lorsque celui-ci se rend en Languedoc pour reprendre les villes passées dans le camp bourguignon. Guillaume participe au siège de Nîmes, qui est prise le 4 avril, puis à celui de Pont-St-Esprit où le dauphin l’installe avec un connétable, 24 écuyers et 35 arbalétriers. Il est ensuite aux sièges d’Aigues-Mortes et de Béziers.

Guillaume épouse en premières noces Louise de Grimaldi.

Son testament, enregistré en 1428 par un notaire de Sisteron, cite son épouse en secondes noces, Marguerite Aynard, dame de Taulignan, les enfants encore en vie nés de son premier mariage, Pierre, Guillaume et Béatrix.

Il décède avant le 1er mai 1430.

 


(IX) PIERRE III et GUILLAUME VIII

PIERRE III (1418-1471),

Pierre (III) est le fils aîné de Guillaume VII, le sénéchal.

Il est seigneur de Lachau (1/9e), Ribiers, Creissint, Château-Giraud, Pomet et Barret. Un nouvel hommage, prêté le 24 avril 1433 comporte 22 fiefs : Barret, Salerans, Pomet, Ribiers, Château-Giraud, La-Bastide-St-Etienne, Châteauneuf-de-Chabre, Villebois, un quart de Chanousse, Montéglin, Arzeliers, Saléon, Ste-Colombe, Etoile, Chabrel, Izon, Creissint, Montjay, Montmorin, Verclause, Montboucher, La Baume, Ballons, Montmorin et Séderon.

Conseiller d’Etat, grand chambellan et grand écuyer du roi René, bailli de Sisteron et de Digne, viguier de Marseille. Il est membre de l’Ordre du Croissant, ordre chevaleresque créé par René d’Anjou.

En 1428, son père le désigne comme son héritier universel. Et le 1er mai 1430, il prête hommage au dauphin.

Il acquiert Séderon le 23 avril 1440. Le 29 juin 1453, lorsque le roi René teste en faveur de son fils Jean de Calabre, Pierre est au nombre des exécuteurs testamentaires avec Louis de Beauvau, Robert de Baudricourt et Vital de Chabannes.

En 1460, il est amiral de la flotte envoyée à Naples, où il va décéder.

Marié à Jeanne d’Agoult, puis à Marguerite de Clermont, on ne lui connaît pas de postérité. Dans le testament qu’il signe le 18 mai 1460, il institue pour héritiers ses neveux Aymar et Antoine de Grolée, fils de sa sœur Beatrix et de Jean de Grolée.

GUILLAUME VIII de MEULLON ou MEULHON (1428-1480)

Seigneur de Puget et Verclause.

Grand écuyer du dauphin.

En 1454, le dauphin Louis (futur Louis XI) l’envoie en mission auprès de Francesco Sforza, duc de Milan. En 1455, dans une lettre au duc de Milan, le dauphin cite son « cher et bien-aimé Guillaume de Meuillon, grand écuyer de notre écurie

Il épouse Marguerite d’Oraison dont il n’a pas de postérité.

A son décès, en 1466, il lègue ses biens à ses neveux, fils de sa sœur Beatrix et de Jean de Grolée. La commune de Sisteron, en reconnaissance des services rendus par sa famille, lui fit des obsèques « quasi royales ».

[1] droit du suzerain de confisquer un fief lorsque le vassal n’a pas respecté ses obligations

LES GROLEE-MEVOUILLON

 

Généalogie (Simplifiée)

La lignée des Mévouillon-Lachau, prend fin avec Pierre (II) et Guillaume (VIII). A leur mort, leur héritage passe à leurs neveux Aimar et Antoine (fils de leur sœur Beatrix et de Jean de Grolée) qui relèvent le nom de Mévouillon (Meuillon, Meulhon, Meolhon).

Les Golée-Mévouillon vont possèder 1/9e de Lachau jusqu’en 1582.

Dossier 2 Diag 3

Notices Biographiques

(X) AIMAR ET ANTOINE

 

AIMAR de GROLEE-MEUILLON dit le Renard (+1492 ?)

Dossier 2 Img 5Fils de Jean de Grolée et de Beatrix de Meuillon.

Seigneur de Vaucluse qu’il donne en 1495 à Jeanne, épouse d’Honorat d’Oraison.

Il hérite de ses oncles, Pierre et Guillaume de Mévouillon, sans postérité, les nombreuses possessions des Mévouillon-Lachau, qui comportent notamment 1/9e de Lachau et de Ballons.

Sa mère par testament du 12 janvier 1470 le désigne comme héritier universel.

Il épouse Philippine-Hélène de Sassenage.

 

ANTOINE (1481-1501)

Fils de Jean de Grolée et de Beatrix de Meuillon.

Seigneur de Serre (Grand Serre), Ribiers, Roynac, Montboucher, Saint-Gervais (en partie), Montrevel, Neyrieu, Juis, de Bressieux, etc.

Lieutenant général du gouvernement du Dauphiné. Gouverneur du Dauphiné par interim en 1501.

D’Hélène de Hangest de Genlis, qu’il épouse le 16 janvier 1481, il a : Aimar-Antoine, Françoise, Catherine, Marguerite et Jeanne, religieuses. Il teste le 30 janvier 1501.

 

(XI) AIMAR-ANTOINE de MEULHON dit de BRESSIEU (1482-1539)

Seigneur de Serre, Montrevel, Neyrieu, Juis, Cornillon, Ribiers, baron de Bressieux et d’Arzilliers, etc.

Chambellan du roi, bailli des montagnes du Dauphiné.

Il se signale à Marignan, en 1515.

Il épouse Isabeau de Peyre, le 22 mai 1504, puis Louise de Saint-Germain, le 23 mars 1529.

Du premier lit, il a : Antoine, qui teste en 1544, au profit de son frère Aimar-François, Annet, Laurent, Louise, Françoise et Hélène. Il teste en 1515, 1517 et 1539.

 

(XII) AIMAR-FRANCOIS de MEUILLON(+1565)

Baron et seigneur de Bressieux, Ribiers, Arzilliers, Cornillon, Lauris, Puget, Baume, Faleaux, Cordon, Ruina, Sainte-Colombe, Pinet (Pomet ?) et Barret.

Chevalier de l’ordre du roi et gentilhomme ordinaire de sa chambre.

Il épouse Catherine d’Oraison dont il a : François, Laurent, Louis et Pommet.

Il est tué au combat du Pont de Vichy, le 6 janvier 1568, à la tête de la cavalerie catholique.

 


(XIII) FRANCOIS ET LAURENT

 

FRANCOIS (+1598)

Marquis de Bressieux, baron de Serre, Ribiers, Laragne, Cornillon, Arzilliers, Pomet, Beaujeu et Riants.

Il épouse Marguerite de Gast de Lupé.dont il a Catherine qui se marie avec Rostaing de la Baume, comte de Suze.

 

LAURENT

Baron de Bressieux et de Beaujeu, seigneur de Ribiers, etc.

Il épouse Marguerite de Saint-Michel, dont il a six enfants.

Il pourrait-être celui qui, en 1582, vend sa part de Lachau à René de La Tour-Gouvernet.

 

 

Source : François-Alexandre Aubert de la Chesnaye-Desbois, Badier, Recueil de généalogies pour servir de suite ou de supplément au Dictionnaire de la noblesse, 1784