La Révolution

Lachau au début de la Révolution

Un procès-verbal des délibérations de la communauté du Buis du 11 juin 1788 rapporte qu’il n’y a plus de blé au marché pour tous les habitants, et il en impute la cause aux intempéries et … à la foire de Lachau [1], signe de l’importance de cette foire, mais aussi des mauvaises récoltes dans les années qui précèdent la période révolutionnaire.

Les nombreuses enquêtes auxquelles se livrent les autorités nationales, au moment de la Révolution [2], et les comptes rendus des délibérations des consuls du village nous donnent un aperçu du Lachau de cette époque.[3].

En 1790, le village compte un peu plus de 700 habitants. C’est alors le village le plus peuplé de la vallée de la Méouge.

En 1792, il y a 170 pauvres qui ont besoin d’assistance et pour lesquels la communauté déclare ne pas avoir de moyens, sauf la 24e partie de la dîme.

Lachau compte un médecin, un chirurgien et un notaire. Les artisans sont des maréchaux ferrants, des tisserands, des charpentiers, des maçons, des tanneurs, des teinturiers, des tailleurs, des cordonniers. Tous exploitent en complément un petit lopin de terre.

L’activité principale est l’agriculture. En 1793, il y a à Lachau 657 animaux de toutes espèces dont 370 ovins et 100 chèvres. Il y a aussi 60 bœufs et 8 vaches.

Les meilleures terres sont utilisées pour la culture du blé et du seigle. Mais les rendements sont faibles. Dans les meilleurs fonds, ils ne dépassent pas 12 à 13 fois la quantité semée.

La vigne est présente dans 194 parcelles qui occupent 22,6 hectares.

Depuis tous temps, on cultive le chanvre. Dans l’état des sections tenu à partir de 1791, on recense 30 cheneviers qui couvrent 1,4 hectares.

On recense 18 familles dans lesquelles il y a au moins un tisseur de toile ou de laine, un cardeur ou un teinturier. Le quartier au nord du château s’appelle le quartier des cordiers et il y a un foulon, près de N.D. de Calma, qui appartient au prieuré et au seigneur.

1789

A la fin de l’Ancien Régime, la communauté villageoise est administrée par deux consuls et le châtelain du seigneur. Les consuls sont élus pour deux ans par les chefs de famille de la communauté.

Dans les premiers mois de l’année 1789, les consuls font réparer la maison de ville et ils lui adjoignent un local pour les archives, ils achètent des poids pour le moulin, mettent en adjudication les terres du Défens de la communauté, donnent à bail le four communal, nomment un garde bois qui fait aussi office de valet de ville, louent une maison pour le curé et font réparer la croix du Marchaiou.

Les évènements nationaux vont bientôt rattraper la communauté

Les droits féodaux sont abolis le 4 août 1789. Au même moment une rumeur insistante fait état de l’arrivée de milliers de brigands en Dauphiné. Le sentiment d’insécurité atteint bientôt un paroxysme avec ce que l’on a appelé « la grande peur ».

Le Conseil général des hommes, manants et habitants de Lachau est convoqué le 16 août 1789, dans la maison de ville, à la demande de Claude Bernard, premier consul, Michel Remuzat, deuxième consul et de noble André Bernard de la Croix, d’Apt.

Le conseil des hommes de Lachau du 16 août 1789, outre les consuls, comprend 67 présents.

Voici leurs noms de famille :Artaud, Audibert, Barjavel (2), Bernard (3), Brissac (2), Brunet, Calet, Chanuel, Charras, Charuis, Francou, Garcin, Gauthier (5), Gilly, Gourjeon, Guigou, Imbert, Jean, Jarjayes (7), Laugier, Marcel, Martin, Mathieu (13), Meffre, Michel (3), Moulet, Pau, Peyrot, Reguis (2), Ruelle (2), Sagi (2), Truphemus et Veux.

Deux sujets majeurs sont à l’ordre du jour. Le premier est la demande de la Commission intermédiaire de lever une troupe pour assurer la sécurité publique contre les brigands qui dévastent le pays. Le second est le rachat des droits féodaux par la communauté.

Le conseil décide alors de donner pouvoir aux consuls pour nommer des officiers et des hommes qui monteront la garde et demander un financement à la Commission intermédiaire. Il donne accord pour la suppression des droits féodaux et leur rachat à la condition que le marquis de la Tour du Pin présente ses titres dans les quinze jours, condition bien difficile à remplir car celui-ci a émigré.

Le 27 décembre, un corps municipal est constitué avec pour commandant, Monsieur André Bernard de la Croix et pour capitaine André Veux. Tous deux prêtent serment d’être fidèles à la Nation, au roi et aux lois et promettent de ne commettre aucune exaction.

Le nouveau découpage administratif et la nouvelle administration communale

En 1789, l’Assemblée constituante crée les communes (loi du 14 décembre 1789), puis les cantons et les départements l’année suivante. En 1790, Lachau fait ainsi partie du département de la Drôme, de l’arrondissement de Nyons et du canton de Montauban. La réorganisation de l’an VIII (1799) l’intègre ensuite au canton de Séderon.

Dès lors, pendant tout le siècle, au gré des changements de pouvoir, vont alterner des époques pendant lesquelles le maire est élu par les citoyens ou le conseil municipal et d’autres, plus fréquentes, où il est nommé par le pouvoir central.

Le premier maire de Lachau est Georges Gautier, un cordonnier de 51 ans, élu en 1790. Les officiers municipaux sont Pierre Marcel et Jean Sagi et les membres de la municipalité Alexis Bernard, Jean Barjavel et Augustin Laugier.

Leur élection s’est faite sur le mode du suffrage censitaire, c’est-à-dire que pour être électeur, il fallait payer un certain montant d’impôt (l’équivalent de 3 journées de travail), tandis que pour être éligible, le seuil était de 10 journées).

De cette époque à nos jours, 30 maires vont se succéder à la tête de la commune[4].

Liste des contribuables de LACHAU les plus imposés (30 mars 1794) selon un document des Archives départementales. Cette liste de 30 personnes semble être celle des citoyens éligibles. 

Louis AUDIBERT, Jean AMIC, Joseph AMIC, Jean BARJAVEL, Olivier BONNE, Alexis BERNARD, André BERNARD-LACROIX, Claude BERNARD, Joseph BRUSSET, Jean-Baptiste FRANCOU, Georges GAUTIER, Claude JARJAYES, Mathieu JARJAYES, Jean-Louis JARJAYES, Laurens LAUGIER, Jean MATHIEU, Joseph MATHIEU dit Grosjean, Jean-Louis MATHIEU, XX-François MATHIEU, Louis MATHIEU, Pierre MATHIEU, Jean-Pierre MARCEL, André MEFFRE, Michel MICHEL, Jean-Baptiste PAU, Antoine-Joseph-François PLAUCHE, Claude REGUIS, Michel REMUSAT et André VEUF.

La vente des biens nationaux

L’ensemble des biens nationaux, ecclésiastiques et seigneuriaux, représentait 85 hectares de terres labourables, presque toutes situées près du village, dans la partie la plus fertile du territoire communal [5]. L’enjeu est donc particulièrement important pour les habitants.

La vente des biens ecclésiastiques

Les biens du prieuré de Notre-Dame de Calma sont les premiers à être mis en vente. Outre l’église Notre-Dame, ils comprennent un domaine de près de 19 hectares, au quartier Notre Dame, le foulon du prieuré, le bâtiment dit la Sacristie avec une écurie et une terre de 2000 canes, soit 70 ares, ainsi qu’une terre de 3 hectares et demi, au quartier des Chaumasses, ce qui représente au total plus de 23 hectares.

L’opération est lancée en janvier 1791. Des affiches sont envoyées à Lachau, pour annoncer la vente aux enchères, prévue le 3 février, à Nyons, mais Georges Gautier, le maire, et Laugier, procureur, ne les affichent pas. Aucun acheteur ne se manifeste lors de la mise aux enchères.

Une nouvelle mise aux enchères est organisée le 7 mars. Une nouvelle fois, le maire ne procède à aucun affichage. Il en informe néanmoins ses amis. Cette fois, l’adjudication peut avoir lieu. Elle est remportée par un groupe de seize personnes qui offrent 13 400 livres, pour l’ensemble des cinq lots, après avoir pris l’engagement écrit de se partager les biens acquis. Voici leurs noms : Jean-André Nave, Claude Bernard, André Meffre, Alexis Bernard, Michel Remuzat, Mathieu Mathieu, Jacques Meyer, curé, Mathieu Michel, Joseph Charuis, Jean-Pierre Brusset, Jean-Joseph Gontard, Pierre Mathieu, Antoine Evesque, Laurent Pau et Claude Jourdan, tous de Lachau, sauf ce dernier qui est des Omergues.

Alors que la plupart des habitants de Lachau pensait que les terres du prieuré seraient acquises par la communauté pour être ensuite partagées, elle n’apprend la vente que quand elle a été réalisée. Lorsque la nouvelle arrive à Lachau, les esprits s’échauffent.

Ceux qui ont été tenus à l’écart s’estiment floués et se révoltent. L’un des chefs de la révolte est le notaire Plauche, qui apparemment ne fait pas partie de la caste de notables dans la mouvance du maire.

Le maire, débordé, doit bientôt faire appel aux autorités du district qui, le 20 mars, dépêchent sur place deux commissaires Hector Delachau, de St-Auban, et Alexandre Romieu, de Nyons.

L’église Notre-Dame est revendue le 21 mars, à une centaine d’habitants de Lachau qui s’étaient associés pour la circonstance[6]. Mais cela ne suffit pas à faire retomber la pression.

Dans le rapport qu’ils adressent au Directoire du département, Delachau et Romieu prennent fait et cause pour le maire et dénoncent dix citoyens de Lachau qu’ils présentent comme les meneurs à l’origine des troubles. Le Directoire du département suit leurs réquisitions, décide de renvoyer ces meneurs devant le tribunal et autorise l’appel à la troupe si l’ordre n’était pas rétabli.

Cinq manifestants sont arrêtés dans les jours qui suivent mais les incidents continuent.

Un détachement d’infanterie est envoyé à Lachau[7].

Après son départ, de nouveaux incidents se produisent : les bestiaux de plusieurs adjudicateurs sont tués.

Lettre du maire de Lachau au Directoire du district de Nyons [8]

A Lachaup, le 31 mars 1791

Messieurs les administrateurs du Directoire du district de Nions, à Nions

Je nauserais paroitre dans le village de Lachaup sans être exposé à perdre ma vie pour aller faire publier et afficher les decrets de lassemblée nationale que vous venez de faire passés par vôtre porteur, voiant toujours une troupe de ces messieurs de la garde bourjoize marchant à la tête les officiers qui commandent en insistant encore une troupe de fammes qui (…) déclarent que si je paressois au village on me tréneroit par le col

que je suis été obligé de recourir à mes amis de venir passer la nuit avec moi dans ma grange pour me donner secours attandu que la cabale qui se fit le dix-huit de ce mois de mars mont tout ébranlé mes portes et serures et faire vuider le peu d’argent que ma famme avait dans son coffre et autres danrées qui étaient dans ma grange pour mon entretien et forcer mon domestique avec le couteau qu’on lui a présanté au millieu du corps en lui déffendant que s’il parloit à son maitre de ce qui cettoit passé, sa vie serait courte.

J’espère Messieurs que vous voudrez bien maitre ordre à cet atantat si orible sans que je sois obligé de porter de plaintes à aucun autre tribunal, attandu que les municipalités sont subordonées au districts.

Jai lhoneur d’être avec bien du respect au pieds de votre secours,

Messieurs

votre très humble et très obéissant serviteur.

Gautier

Maire

Des gendarmes sont envoyés sur place pour prévenir les troubles à l’occasion de la fête du 15 août. Dans la nuit du 4 septembre, de nouveaux troubles se produisent et les responsables municipaux en appellent à nouveau aux autorités départementales, en désignant les chefs de la rébellion que sont Plauche, père et fils, Joseph Brissac, Joseph (…), et Etienne Gontard.

Pour éviter que les esprits ne s’échauffent, on interdit à François Guigou, aubergiste, de servir du vin aux jeunes les dimanches, surtout dans le temps des offices [9].

Le 30 septembre, un coup de théâtre se produit : le tribunal du Buis annule les condamnations et remet les prévenus en liberté. L’ordre revient progressivement.

Un acte de partage des terres en litige sera établi par Me Bonnefoy, notaire à Séderon, comme l’illustre le cadastre de 1813 qui comporte près de 80 parcelles pour les terres qui jouxtent Notre-Dame (ci-après).

Des révoltes de même nature eurent lieu à Barret-de-Liourre, Eygalayes et Plaisians.

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Cadastre de 1813 mettant en évidence le morcellement de l’ancien domaine du prieuré de ND de Calma

La vente des biens du seigneur

Vient ensuite la vente des biens du seigneur, confisqués par la nation parce qu’il avait rejoint l’armée des émigrés.

Pour procéder à l’inventaire des biens, en application de la loi du 8 avril relative aux biens des émigrés, le conseil d’administration du district de Nyons mandate deux commissaires, Jean-Pierre-François Souliers et Joseph-Louis Barbeirassy, qui se présentent à Lachau le vendredi 19 octobre 1792. Ils réquisitionnent le maire, Georges Gautier, et un conseiller municipal, Louis Audibert, et pendant près de cinq jours, les quatre vont sillonner le village pour dresser la liste des biens du seigneur et s’enquérir des contrats passés avec les locataires.

La liste des possessions immobilières du seigneur est bientôt établie. Elle comporte :

1° le château, avec basse-cour, écurie et habitation pour les fermiers dans l’enceinte de la cour.

2° une grange au quartier du château et moulières albergées à Pierre André Arthaud ;

3° une grange, des écuries et basse-cour, appelés des cordiers, que Jean Bernard tient à ferme avec son tènement ;

4° une maison dans l’intérieur du village affermée au Sieur curé ;

5° une cense sur le foulon de Notre-Dame de deux charges supportées par Laurent Pau ;

6° un moulin à farine avec une habitation pour le meunier ;

7° une grange au quartier des chaux et chazal que le Sieur Nave tient à ferme avec ses fonds et dépendances.

A cette liste, s’ajoutent les terres de Brutinel, la Chalmasse, la Dondelle, la Palud, Gravas, la Cour et les Pigniers, les prés du moulin, du Bravaux, du Temple et du Rousset.

Les commissaires commencent leur inventaire par le château, dont le mobilier est inventorié pièce par pièce. L’opération dure trois jours et demi.

Ils se rendent ensuite au quartier du château, en dehors du village, puis ils s’intéressent à la petite maison située dans la cour du château, à la grange des cordiers, au foulon de Notre-Dame, au moulin, au quartier des chaux, à Brutinel et ils terminent, le mardi après-midi par la maison du curé.

Le curé Meyer, profite de l’occasion pour se plaindre de la vétusté de la maison et dire qu’il a été obligé d’engager des frais de remise en état qui dépassent largement les loyers dont il est redevable.

Les jours suivants, les commissaires quittent Lachau pour Ballons, Eygalayes, Villefranche, Mévouillon et Izon, où le citoyen La Tour du Pin possédait également des biens.

Le 4 décembre de cette même année 1792, un commissaire du district vient pour estimer les biens et il constate que le village est tranquille. Il note aussi que les chapelles St-Sauveur et St-Claude ont été omises lors de l’inventaire des biens nationaux [10].

La vente des meubles du seigneur a lieu en avril 1793. A cet effet, Jean-Pierre François Souliers, l’un des commissaires qui avait procédé à l’inventaire, revient à Lachau le lundi 15 avril et il se fait assister par Louis Audibert, officier municipal désigné par Pierre Mathieu, nouveau maire du village.

Pierre Morard, qui a analysé cette vente [11], nous dit qu’elle eut lieu sur la place publique, qu’il y eut 148 acquéreurs pour 551 lots et qu’elle rapporta 5.747 livres 13 sols. Il ajoute que les acquéreurs venaient de Lachau, mais aussi de Vers, Barret-le-bas, Montfroc, Izon, Etoile, Laborel, Villebois, Saint-Vincent, Chauvac, Orpierre ; Eourres, Ballons ou encore Eygalayes.

Il note que :

Antoine Joseph François Plauche, notaire fait l’acquisition de 20 lots,André Bernard Lacroix de 17 lots …, et Alexis Bernarde 17 lots.

Au curé de Lachau reviennent 8 lots dont un autel à tombeau et autres ornements de la chapelle du château … Les draps, les couvertures, matelas, paillasses ainsi que les livres de la bibliothèque ne furent pas vendus, mais envoyés au district de Nyons …

La vente aux enchères finit le x mai, si le commissaire resta jusqu’au 6, la raison est que : Samedy quatrième dudit jour et sans désemparer nous sommes portés dans la basse cour et ayant trouvé les portes d’icelle dégradées, avons même reconnu qu’on avait essayé d’en prendre les ferrures ce qui nous a déterminé à les mettre en vente ainsy qu’il suit.

Du 27 octobre au 17 novembre 1793, deux nouveaux commissaires, Jean-François Joseph Vian et Jean Pascal, se rendent à Lachau, cette fois pour estimer et diviser les biens immobiliers du seigneur.

La vente des biens immobiliers a lieu, à Nyons, les 29 ventôse, 24 floréal et 1er messidor, an II, 27 vendémiaire, 1er et 3 brumaire et le 24 germinal, an III. »[12], soit entre mars 1794 et mars 1795.

Le château et ses dépendances sont vendus à quatre habitants de Lachau, agissant pour le compte de dix-neuf coassociés, dans des conditions que nous détaillons dans l’annexe consacrée au château.

Les autres terres et immeubles sont vendues à 48 acquéreurs, pratiquement tous de Lachau.

Si l’on dresse la liste de ceux qui ont acquis au moins 5 lots, on trouve : Alexis Bernard (13 lots), Antoine Joseph François Plauche (12 lots), Jean-François Bernard (12), Claude Bernard (7), Jean-Joseph Brissac (6), André Nave (6), Jean-Louis Mathieu (6), Pierre Mathieu (6), Jean Mathieu dit Guerre (6) et Jean Amic (6).

Parmi ces acquéreurs certains agissent pour compte commun, mais, nous dit Pierre Morard, les petits acquéreurs durent, faute de moyens, peu à peu revendre aux Bernard, Plauche et consorts, le peu de biens qu’ils avaient acquis.

La recherche du citoyen Bertrand-Montfort

En 1793, alors que s’engage la vente des biens du seigneur, la France connait « La terreur ». L’année débute par l’exécution du roi, elle se poursuit par la prise de mesures répressives, la création de tribunaux révolutionnaires et d’un Comité de salut public.

Pour faire appliquer ses décisions, la Convention délègue des commissaires dans les départements.

Un nommé Boisset est désigné pour exercer cette fonction dans la Drôme et en Ardèche. Boisset est doté des pleins pouvoirs et il va en user. La ville du Buis n’ayant pas manifesté son ardeur révolutionnaire, il adresse depuis Nyons, le 28 septembre, une missive au conseil communal dans laquelle il le menace le des pires sanctions si il ne changeait pas d’attitude, et, comme première mesure, il ordonne le transfert à Nyons du tribunal du district. La municipalité du Buis procède alors à quelques arrestations qui ne suffisent pas à Boisset. Il dresse une nouvelle liste sur laquelle figure Bertrand-Montfort, magistrat et ancien constituant. Celui-ci a quitté Le Buis, il est signalé à Barret-le-Bas et Ferrassièrres, et comme sa famille a reçu une lettre des Bernard-Lacroix, de Lachau, des perquisitions et des interrogatoires sont diligentés à Lachau, ainsi que l’atteste un procès-verbal du 15 octobre (Bertrand-Montfort sera arrêté le 20 à Noyers, jugé et relaxé) [13].

[1] Cf Paul Varlet, Les délibérations de la commune du Buis sous la Révolution, d’après ses archives (1992).

[2] En 1789, la « Commission intermédiaire » envoie un questionnaire aux communautés pour qu’elles fassent connaître leur situation et les vœux des habitants. Ce questionnaire préfigure les cahiers de doléances qui, de ce fait, n’existeront pas en Dauphiné. Pour le canton de Séderon, les réponses de 5 communautés ont été conservées. Celle de Lachau a malheureusement été perdue.

[3] Ce qui suit est emprunté pour l’essentiel à Pierre Morard qui en a fait une analyse détaillée Voir PLL N°7

[4] Voir l’étude 17 (Les maires), en seconde partie

[5] Selon Pierre Morard

[6] A.Laccoix, p.358 (1884)

[7] Bernard Bodinier : L’accès à la propriété, une manière d’éviter les révoltes ? l’auteur donne comme sources : F. Ferrand, « La vente des biens nationaux dans le district de Nyons », Que le bonheur habite dans les chaumières…, La vente des biens nationaux dans la Drôme, Assoc. Histoire et Archives drômoises, Arch. Dép. de la Drôme, Valence, 1994, p. 74-78. Voir aussi Une émeute à Lachau, Félix Ferrand, dans BLL, n°2

[8] AD 26

[9] AD 26

[10] PLL n°7 (1990), p.18

[11] PLL n°8 (1991), p.16

[12] A. Lacroix, p.352, selon AD26, série Q

[13] Cf Pierre Varlet, Les délibérations de la commune du Buis sous la Révolution, d’après ses archives (1992). et Claude Bernard, Histoire du Buis-les-Baronnies (1956), 2ème éd. 1971, p.141.