Des guerres de religion à la Révolution : les la Tour Montauban (1582-1789)

René de la Tour-Gouvernet, coseigneur, puis seigneur de Lachau de 1582 à 1619

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René de la Tour-Gouvernet

René de La Tour-Gouvernet est l’un des grands capitaines du parti protestant dans le Dauphiné, au temps des guerres de Religion.

 

En 1575, à la mort de Dupuy-Montbrun, chef militaire des protestants du Dauphiné, François de Bonne, seigneur de Lesdiguières et Serres, lui succède comme « commandant en l’absence du roi de Navarre et de Mgr le prince de Condé sur ceux de la Religion réformée du pays de Dauphiné ».Gouvernet devient alors le second de Lesdiguières et il s’illustre par sa bravoure au combat mais aussi par sa cruauté et la terreur qu’il inspire.

Les prises de guerre lui assurent une grande fortune qui lui permet de se constituer un vaste patrimoine foncier dans les Baronnies. Lachau en fait partie.

Le 24 octobre 1582, il achète à Aimar-François de Grolée-Mévouillon, pour 2 000 écus d’or, ce que ce dernier possédait à Lachau, soit un neuvième de la seigneurie [1]. Puis en 1616, il achète aux Simiane, pour 30.500 livres, les huit neuvièmes restant [2].

Gouvernet et sa descendance vont posséder la seigneurie de Lachau pendant six générations jusqu’à ce que la Révolution ne les en chassent.

On lui attribue la construction du château du village.

Une communauté prise dans la tourmente des guerres de religion

Tout au long des guerres de religion, les Baronnies sont parcourues en tous sens par les armées des deux camps. A chaque passage de troupes, les habitants sont mis à contribution pour nourrir et loger les soldats. Ils subissent aussi de nombreuses exactions et doivent s’acquitter des impôts imposés par les chefs de guerre.

Il est significatif de constater que l’essentiel des archives de Lachau de cette époque, concerne les contributions de guerre, les emprunts pour les payer, mais aussi les tentatives des consuls pour échapper au paiement.

Les protestants, devenus maîtres du pays, mettent la main sur les revenus de l’Eglise catholique. Une lettre de Lesdiguières, expédiée de La Mure, le 1er mai 1580, charge Gouvernet, « commandant pour le service du roy en la ville de Nyons », de « fere sequestrer le plustôt qu’il pourra les bénéfices des Baronnies tant catholiques que de la religion entre les mains des consuls et rentiers ». Cette instruction vise expressément les prieurés de Lachau, Vers, la chapelle Saint-Jean, Saint-Sebastien, Saint-Jaume, Saint-Antoine, Reilhanette, Revest Dambion (du Bion), Montguers, Aulan, Roche en Saumiane, Ballons, Izon, Curel, Montfoc, Rioms et les prieurés-cure de Laborel et Chauvac [3].

Une autre lettre du même, envoyée de Nyons, le 17 mai 1580, mandate le capitaine Périssol pour exiger 24 livres par feu et par mois sur les lieux que lui indiquera Gouvernet. Ces lieux sont Montauban qui est taxé pour 2 feux ½, Laborel pour 2 feux ¾, Lachau pour 3 feux, Ballons pour 1 feu, Vers pour 3 feux, etc. Lesdiguières motive cet impôt par la lutte contre les compagnies « qui foulent et ravagent ordinairement le peuple des Baronnies » [4].

A plusieurs reprises, la communauté va essayer, sans succès, de faire réduire l’assiette de son imposition. En atteste une « requête des consuls à l’élection de Montélimar pour être cotisés à 2 feux au lieu de 3, à cause des acquisitions de la noblesse et du clergé, mais aussi parce que « le pays ne produit aucun fruitage ni vendange, pour être grandement frais, vide, aquatique ; la rigueur de l’hiver tue la plus grande part des blés, et l’été, la nèbe (nuages) les cuits » [5].

Un état des dépenses supportées par Lachau de 1579 à 1581, nous apprend qu’elles se sont élevées à 4.919 écus au bénéfice des troupes protestantes, et à 595 écus en faveur des troupes catholiques [6]. C’est un bon indicateur du rapport de force militaire entre les deux partis.

Ces sommes servent à payer les troupes et leur intendance, mais elles permettent aussi d’enrichir les chefs de guerre. Dans le parti protestant, Lesdiguières en est le principal bénéficiaire, mais Gouvernet n’est pas en reste si l’on considère l’immense patrimoine foncier qu’il se constitue dans les Baronnies.

En 1581-5, les consuls adressent une requête à M. de Sainte-Jalle, du parti catholique, commandant les Baronnies en l’absence de Maugiron, pour obtenir sauvegarde contre les soldats qui prennent leur bétail. Ils obtiennent une réponse positive comme le montre une lettre de Lafontaine qui leur assure qu’il respecterait la sauvegarde qu’ils avaient obtenue de M. de Sainte-Jalle [7] .

En 1587 [8], c’est à Gouvernet que les consuls s’adressent pour se plaindre des soldats qui leur ont pris 5 mulets et 2 juments, alors que « dernièrement, votre seignorie nous envoya que n’entendiez que aucune picorée ne passant par yci que ne fust retenue » [9]).

Sous Gouvernet, la communauté est fréquemment obligée d’emprunter pour faire face aux dépenses qui lui sont imposées, comme le montre une série de procurations que les habitants de Lachau réunis en assemblée générale, donnent à leurs consuls (Lombard, Clavel, Ripert, Blanc etc.) pour emprunter différentes sommes (1582-1592) [10].

Lorsqu’en 1596, les consuls se plaignent à Gouvernet d’une surcharge de contribution, celui-ci, dans une lettre envoyée de Die le 29 août 1596, leur répond, non sans ironie, « je serois très mari que vous feussiez assigné trop d’un seul liard par mon moyen » [11].

Si les consuls rechignent à payer, on les menace de leur envoyer une troupe de soldats [12].

Pendant le siège de Mévouillon par les protestants, en 1590 et 1591, Lachau est bien évidemment mis à contribution, avec les villages des environs. Le 31 juillet 1590, Lesdiguières ordone ainsi à Jean Gontin, juge de Lachau, de prévoir des vivres pour un long siège. Le siège est confié à Gouvernet qui est chargé de remettre sous l’autorité du roi la ville et le château de Mévouillon « occupé par les ennemis ». Lorsque le fort est pris, le 3 mai 1591, René II, fils de Gouvernet, est chargé de sa garde.

Alors que s’achèvent les guerres de religion, la situation du village n’est pas brillante.

Vers 1599, peu après la publication de l’Edit de Nantes, l’évêque de Gap, Pierre Paparin de Chaumont, en tournée dans son diocèse, constate que : «  Lachaup est dépourvu de tout service, bien que ce soit un bon prieuré et une bonne cure, il n’y a aucun prêtre à tout le moins approuvé et envoyé comme est de droit et il n’y en aura pas tant que M. de Gouvernet prendra et enlèvera les fruits par la force, ces fruits ont été mis en séquestre entre les mains de deux rentiers de ce gentilhomme comme ces gens l’ont déclaré à l’évêque lors de sa visite. » [13] . Le constat est le même à Izon, Ballons, Eourres, où cependant il y a encore un curé, Mévouillon et Villefranche où Gouvernet s’est aussi emparé du revenu des prieurés. Il ne faisait d’ailleurs qu’appliquer les instructions de Lesdiguières. [14]

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Linteau de porte, rue du pied du village, portant un symbole solaire et le millésime 1599

Gouvernet était devenu si odieux aux habitants de Lachau que lors de la Révolution, dit-on, ceux-ci ayant trouvé son portrait dans le château seigneurial, le brulèrent sur la place publique. Cette rancune transparait encore en 1634, alors que Gouvernet est mort depuis 15 ans, dans une requête des habitants à l’intendant Talon, où ils se plaignent de s’être fait imposer la reconnaissance de sommes exorbitantes [15].

 

Au milieu de ces difficultés, une lettre de Gouvernet aux consuls de Lachau, dans laquelle il annonce sa guérison « des graves douleurs de la goutte » (de Die, le 13 avril 1601 »), apporte une petite note d’humanité. [16]

Les Egyptiens

Les compagnies d’Egyptiens, comme on appelait alors les gitans et les bohémiens, étaient de celles qui inspiraient le plus de craintes et dont on craignait les exactions.

Les archives du village ont conservé la trace des tributs de 1 et 2 écus que les habitants versèrent, à trois reprises, entre 1600 et 1610, aux capitaines Jean de Lagrave et Antoine Phélip pour que leurs compagnies d’Egyptiens ne viennent pas faire étape chez eux.

Dix années plus tard, ce sont 44 sols qui sont versés, pour le même motif, au capitaine Simon [17] . Entre 1659 et 1665, nous avons encore une quittance de 2 livres payées à une compagnie « pour l’empêcher de venir à Lachau » par Brunel, bailli de Ballons [18] .

La compagnie de Jean de la Vigne eut plus de succès et put séjourner dans le village. Deux actes de baptêmes de 1667 et 1682 en attestent

1619-1637 : seigneuries de Jacques-César (1619-1637) et Hector de la Tour-Gouvernet (1619-1630)

Alors que Gouvernet à pris sa retraite, son fils ainé, René II (M. de Chambaud) exerce la fonction seigneuriale à Lachau. A la mort de Gouvernet, en 1619, René II est décédé. Hector, son fils cadet, et son petit-fils, Jacques-César, héritent chacun d’une part de la seigneurie de Lachau. Jacques-César conserve la sienne jusqu’en 1637, puis la vend à ses cousins germains, Charles-René et Jean Dupuy-Montbrun [19].

Le siège de Mévouillon en 1626

Au tout début de 1626, des troubles apparaissent en Vivarais et le Pouzin est pris par les protestants. Hector de La Tour (M. de Montauban) rejoint alors le parti protestant, contre le roi de France, Il se rallie au prince de Rohan qui tenait en échec le parti du roi dans le Languedoc et se réfugie dans son château de Soyans. Lesdiguières, qui est âgé de 83 ans, revient d’Italie et s’installe à Valence pour coordonner la lutte contre la rébellion. Il investit Le Pouzin et tente de convaincre Hector de renoncer. Ses tentatives ayant échoué, il assiège le château de Soyans. Après cinq jours de siège, Hector et sa garnison s’échappent nuitamment de Soyans et se réfugient dans le fort de Mévouillon.

Le siège du fort est confié à Bertrand de Morges, seigneur de La Motte-Verdeyer, qui l’investit à la fin juillet, sans pouvoir le prendre. Après 46 jours de siège, des négociations s’engagent. Hector accepte de livrer le fort, mais il exige et obtient de fortes contreparties[20].

Une fois de plus, les communautés voisines sont mises à contribution pour nourrir et loger les troupes. Nous apprenons par les courriers d’un nommé Borrilly, envoyé à Séderon par le Parlement de Provence, que la troupe engagée est forte de plus de 800 hommes [21]. Dans une lettre, du 27 juillet 1627 il dit qu’il n’y a déjà plus de vin sur place et il précise en annotation que des troupes sont logées à Lachau er d’autres à Eygalayes, à Séderon et aux Omergues.

Dans les Archives départementales, une quittance de 86 livres délivrée par Claude de Lamorte, commis de M. de la Motte, capitaine-lieutenant de Lesdiguières, concerne les « deniers cotisés » par Lachau pour le blocus de Mévouillon [22].

L’épidémie de peste de 1628-1630

A la guerre s’ajoute les épidémies. En 1628, la peste atteint la Provence et le Dauphiné. Les villages se ferment aux étrangers et se dotent, comme à Séderon d’un bureau de santé chargé de faire face à l’épidémie. Nous n’avons pas de détails concernant Lachau, mais le village est pour le moins suspecté d’être atteint par l’épidémie. Voici en effet ce qu’on peut lire dans le compte-rendu du bureau de santé réuni à Séderon, le 8 octobre 1630 :

François Valance, cordonnier, la femme de Paul Bouillon et une sienne fille, venant de Lachaup, lieu soupçonné du mal contagieux, seront remis en quarantaine dans la grange de Claude Latil, vers les granges, jusqu’à ce que ledit bureau soit averti de plus amples nouvelles de l’état de la santé dudit Lachaup [23].

1630-1692 : seigneuries de René III (1630-1687) et Louis (1682-1692) et coseigneurie des Dupuy-Montbrun (1637-1682)

Après le décès d’Hector de la Tour, en 1630, son fils ainé, René (III), hérite de la moitié de la seigneurie de Lachau. L’autre moitié reste entre les mains de Charles-René et de Jean Dupuy-Montbrun, puis du seul Jean qui la conserve jusqu’en 1682, date à laquelle il la revend à Louis, deuxième fils d’Hector.

Le troisième fils d’Hector, Alexandre, prend le nom de M. de Lachau et le titre de marquis de Lachau, mais il ne semble pas avoir eu de droits seigneuriaux importants à Lachau.

La seigneurie des Dupuy-Montbrun sur Lachau est peu documentée. Grace à trois quittances conservées aux Archives départementales, nous disposons cependant de la trace de présents de la communauté de Lachau aux Montbrun. La première quittance, de 6 livres, émane de Delachau qui a fourni six chapons offerts, en 1665, à Mme de Montbrun [24]. la deuxième, de 9 livres, signée en 1674 par Mathieu, concerne à nouveau 6 chapons vieux et nous précise que la donataire, Mme de Montbrun est alors malade [25]. La troisième, de 5 livres, vient de Brunel qui a fourni le mouton offert (en 1666-1669) au seigneur de Montbrun [26]. Nous savons aussi que M. de Montbrun avait la propriété du moulin à blé. [27]

René (III) prête hommage au dauphin, le 5 août 1687, pour la moitié de Lachau et de Ballons [28]. Louis, marquis de Soyans et baron de Lachau, fait de même le 1er janvier 1690, en compagnie de sa sœur Marie-Lucrèce [29].

Pendant cette période, Lachau se relève des blessures des guerres de religion. La population s’accroît. Une petite bourgeoisie apparait, enrichie par l’artisanat et la production textile. Le chanvre et la laine apportent les matières premières aux activités de tissage et ses activités annexes. Parmi les notables, nous trouvons ainsi plusieurs tisseurs de toiles et de laine.

Le sort de la communauté protestante de Lachau

Protégée par Gouvernet, une communauté protestante a prospéré Lachau.

Dans la première moitié du XVIIe siècle, elle est suffisamment importante pour justifier la rémunération d’officiants (d’Oraison et Verdéty) chargés de dire la prière [30].

Elle est encore très présente lors de la visite épiscopale de 1641 où des heurts se produisent entre les protestants et deux frères capucins chargés de préparer la visite de l’évêque.

Alors qu’ils confessaient ceux qui se préparaient à recevoir le sacrement de confirmation, ils sont obligés de sortir d l’église St-Martin, « à cause du bruit et chants de ceux de la prétendue religion ». L’évêque doit faire appel au juge de Lachau.

Lors de cette visite, l’évêque enjoint les paroissiens de dresser une grande croix de bois dans le cimetière de Notre-Dame, pour bien montrer que c’est un lieu saint réservé aux catholiques, et il ordonne à la communauté de fournir, dans le mois, un cimetière destiné aux protestants [31] , conformément aux édits royaux qui interdisent à ceux-ci d’être inhumé dans le cimetière paroissial. Le cimetière des huguenots se situait au bas du village, près du quartier du Rousset.

Les protestants perdent un appui de taille, lorsque le seigneur de Lachau abjure la religion réformée qui avait été celle de ses ancêtres.

Plus tard, on verra même Lucresse Marie de La Tour-du-Pin, sœur de Louis, agir en fervente catholique et s’engager dans les Compagnies de la propagation de la foi, une organisation fondée en 1632 pour faciliter la conversion individuelle des protestants. C’est en tant que « protectrice de la Sainte Propagation », que le 26 novembre 1669, elle assiste Etienne Dumont, de Séderon, qui abjure la religion protestante, dans l’église de Lachau. en présence de Jean-Antoine Bouchony, curé, et de Jean-Claude Salua, lieutenant de juge, tous les deux de Lachau [32]. Cette mise en scène était de toute évidence destinée à frapper les esprits des protestants du village.

Une quinzaine d’années plus tard les persécutions vont s’amplifier. Voulues par l’entourage du roi commencent les dragonnades. La troupe est envoyée dans les villes et les villages où vivent des communautés protestantes avec mission de les convertir par tous moyens. Les soldats s’installent chez les huguenots à qui il est fait obligation de les loger et de les nourrir. Ils leur font subir vexations et tortures jusqu’à ce qu’ils se convertissent.

Le 18 octobre 1685, lorsque Louis XIV révoque l’Edit de Nantes, les protestants doivent s’exiler ou se convertir. Les protestants sont encore présents à Lachau si bien que, les autorités envoient la troupe sur place Pour faire pression sur ceux qui résistent encore, 17 cavaliers sont envoyés en quartier d’hiver à Lachau contre ceux de la Religion réformée. La communauté doit couvrir les frais des militaires, ce qu’attestent deux quittances, l’une de 5 livres, par Jean, pour la dépense des cavaliers « qui furent à Lachau lors de la conversion de MM. de la Religion », une autre 42 livres relative à leurs frais de logement [33].

Ce déploiement de force est efficace car, nous dit-on, ils se sont « iceux tous convertis ».

La liste des conversions ne nous est pas parvenue. Toutefois, deux actes de baptême de cette période nous livrent quelques noms.

Le premier, en date du 20 décembre 1585 concerne le baptême de Catherine Verdetti, fille de Pierre et de Jeanne Chabert, dont les parrains sont Joseph Jean et Damoiselle Suzanne de la Chau, « tous de ce lieu et nouveaux convertis ».

Le second, du 20 octobre 1686, concene le baptême de Pierre-André de la Chau, daté de 1686, « fils de Daniel et de Marguerite Armand, nouveaux convertis »[34].

Le premier concerne Catherine Verdetti

1692-1732 : seigneurie de René-Antoine

 

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Signature de René-Antoine sur un acte de baptême de mai 1705.

 

[35]


Un village qui s’organise

René-Antoine de la Tour-du-Pin-Montauban recouvre la totalité de la seigneurie sur Lachau, après le décès de son oncle René et de celui de Louis, son père, mort en 1692

En ce début du XVIIIe siècle, on refait les fontaines. On répare le pont de planches sur la Méouge [36]. On s’attache à restaurer les églises. L’école qui existait depuis au moins 1622, participe à l’instruction de la jeunesse. L’industrie textile est toujours prospère.

Le 11 aout 1711, Magdeleine Jeanne Lucrèce Louise de la Tour-Montauban, fille de haut et puissant seigneur René Antoine de La Tour de Montauban de Gouvernet, seigneur de Lachau, Ballons, Mévouillon, Soyans et autres places et de Madame Magdeleine Angélique Dauvergne de Longpré est baptisée à Lachau. [37]

La reconnaissance de 1700

Le 20 juin 1700, René-Antoine de la Tour du Pin Montauban reçoit l’hommage et le serment de fidélité de ses sujets [38]. La veille, la communauté des habitants s’était réunie pour discuter les termes de cet hommage et mandater ses représentants.

La prestation d’hommage a lieu dans la maison de Jean Salua. L’acte qui l’officialise est rédigé par Jérémie Francou, notaire royal héréditaire de La Chaup, Ballons, Vers et Izon.

Le seigneur est présent, ainsi que son châtelain, Gabriel Brunel. La communauté de Lachau est représentée par ses deux consuls, Jean Jarjayes et Claude Laudric, auxquels se sont joints Charles Salua, Pierre Bernard, Joseph Lachau, Mathieu Michel, Pierre Laudric, ces deux derniers chirurgiens, Pierre Brunel, Jean Mathieu et Jean-Joseph Francou.

Des témoins, venus des villages voisins ont été requis. Parmi les présents figurent aussi les représentants des possesseurs de terres à Lachau qui n’habitent pas le village.

Selon la coutume, les consuls et les notables, au nom de toute la communauté, prêtent hommage les mains jointes entre les mains du seigneur. Ils reconnaissent qu’ils sont ses hommes liges, sujets et justiciables soumis à l’hommage et au serment de fidélité envers lui.

En réponse, le seigneur promet, main levée, de respecter les franchises, exemptions et libertés de ses sujets, acte de pure forme puisque ces droits ne sont pas détaillés.

Les termes de la reconnaissance nous permettent de connaître les droits du seigneur et les obligations de ses sujets. Ceux-ci sont soumis :

  • à un service annuel, d’une émine de blé froment, d’une émine comble d’avoine et de 9 deniers d’argent pour le cens personnel, pour les habitants qui relevaient de la directe de feu René de La Tour, oncle du seigneur ;
  • chaque année, à une émine d’avoine comble et neuf deniers d’argent, et 6 deniers par tête de plus de 7 ans, pour les habitants qui relevaient antérieurement de la directe du marquis de Montbrun ;
  • à la 24e partie de tous les grains, les légumes exceptés, payables à l’aire, sans pouvoir les enlever avant un avis préalable, ou 24 heures seulement après signification au seigneur ou ses commis, ou en cas d’impétuosité de pluie ou de tempête ;
  • au droit de tasque des raisins, suivant les anciennes transactions à la cote 24e, outre une charge de vendange pour le droit de sauvegarde, c’est-à-dire le droit d’être protégé par le seigneur.
  • à la banalité des moulins du seigneur, «  en payant le droit de mouture à la cote 40e, à condition que les habitants ont le droit de jouir des eaux desdits moulins depuis le samedi à midi, jusqu’au lundi à midi, pour arroser leurs propriétés, et pour tous les jardins annuellement, le tout sans abus » ;
  • à des lods au sizain (6e denier), en cas de mutation de propriété, à l’investiture et à la prélation (préférence) ;
  • enfin à la justice haute, moyenne et basse, au mère et mixte empire.

Pour bien montrer l’ancienneté de ces droits seigneuriaux, le texte notarié de 1700 se réfère aux actes de même nature passés le 20 septembre 1544, le 2 octobre 1547 et le 10 octobre 1591, ce dernier en faveur de René de la Tour de Gouvernet.Le cadastre de 1707En 1707, le Conseil général de la communauté, qui souhaite mettre de l’ordre dans la perception de la taille, mandate Alexandre Bonnard, arpenteur, Pierre Tramier, de Mison, et Me Sias, notaire à Noyers, pour dresser le cadastre du village.Le nouveau cadastre, déposé le 29 mai 1707, recense 226 propriétaires assujettis à la taille.Il permet de connaitre les possessions du seigneur (73 hectares autour du château et d’autres quartiers, notamment à la Dondelle, aux Chaumasses, aux Bravous, à la Palue et à Riable) ainsi que celles du prieuré de Lachau (20 hectares aux quartiers de Notre-Dame et des Chaumasses).Il comporte 429 toponymes et garde la mémoire de plusieurs lieux, notamment les fours, au nombre de cinq, le Moulin, le Cimetière des Huguenots, la Chapelle Sainte-Madeleine, dont il ne reste, en 1707, que le sol et les débris, le cimetière et la chapelle de St-Michel, au quartier du même nom …

La description des terres permet de connaitre l’étendue des vignobles, soit 9 parcelles aux quartiers de St-Sauveur et de la Pichote Pinié, couvrant 2,1 ha ; des cheneviers, destinés à la culture du chanvre, soit 57 parcelles couvrant environ 2,2 ha., et des rabassières (2 parcelles).

Il permet de situer les anciennes rues du village.

Ses deux mille articles décrivent chacun un bâtiment ou une parcelle de terre, avec le nom du propriétaire et les confronts du bien aux quatre points cardinaux.

Les intéressés se rendent à Lachau et avant de commencer leur travail, tous trois prêtent serment entre les mains de Charles Salua, châtelain du seigneur. Ils s’adjoignent comme sapiteurs Pierre Laugier, Claude Laudric, Laurent Barjavel, Jean Paul, René Artaud, ainsi que Michel et Henri Brémond qui prêtent également serment.

En 1707, sur 226 propriétaires soumis à la taille, 159 habitent Lachau. Nous donnons ci-après la liste de leurs (71) patronymes (lorsqu’un un même nom est porté par plusieurs propriétaires, nous indiquons leur nombre entre parenthèses).

 Amic, Artaud (4), Auberin, Audibert (4), Barjavel, Barnouin, Barviol, Bernard (5), Bertand (2), Blanc, Braicac, Brunel, Bremond (4), Bocard, Borel (3), Charuis (3), Chaneuil (4), Chasteau, Caret (6), Camerle (2), Colomb, Curnier, de La Chaup (4), Detez (2), de la Tour (2), Francou (2), Fauchet (2), Faure, Garcin, Gouyrand, Gautier (5), Gily (5), Girard, Gentilon, Gontin, Gabert, Gascon, Gontard, Imbert (3), Jarjayes (4), Jean, Joly, Jouve, Jullien, Laugier (6), Laudric (2), Lombard, Michel (7), Marcel, Mathieu (11), Moulet (2), Martin, Maguet, Meffre, Morenas (2), Paul (3), Pascal, Peyrot, Philipon, Plendous, Rancou, Roumiou (8), Ruile, Rainier, Raine, Ripert (2), Raynaud, Sagi (2), Saleau (3), Salua (2) et Vincens.

1732-1767 : seigneurie de René-Louis-Henri

René-Louis-Henri de la Tour hérite de son père en 1732. Bien qu’il ait à mener sa carrière de capitaine de cavalerie, il vient régulièrement à Lachau.

Signe de son attachement au village, il fait reconstruire le château, en 1757.

Deux de ses filles y sont baptisées (Françoise-Victoire, le 5 novembre 1756 et Madeleine-Victoire, le 22 septembre 1759). Deux autres s’y marient (Angélique-Madeleine, en 1763, et Madeleine-Gabrielle, en 1764) [39].

Dans les années 1730, une lettre qu’il adresse aux consuls nous apprend que le commandeur de Castellane a émis des prétentions sur la seigneurie de Lachau et les a enjoints de les respecter. M. de Montauban leur répond avec fermeté : « Cette demande est très mal fondée, puisqu’il n’a rien à faire avec la communauté ; … c’est à lui, s’il a des fonds sujets à sa directe, de les faire reconnaître…, ne soyez pas en peine de ce qu’il peut dire ni ses émissaires ; je les mettrai à la raison et les punirai de leur insolence, comme elle le mérite » ; [40]

Lachau avait conservé son péage et le seigneur pouvait prélever sur les voitures, bêtes et denrées passant à Eygalayes et dans les seigneuries de Lachau, Ballons et Quinson. Le 28 mars 1749, un arrêt du Conseil d’Etat met fin à ce droit [41].

Preuve d’une paix retrouvée, l’actualité villageoise reprend ses droits.

Le seigneur s’oppose au curé du village qui ne voulait pas lui offrir l’eau bénite [42].

Et les litiges avec les villages voisins sur la limite des territoires communaux et les droits de pacage sont à nouveau d’actualité. Ainsi, en 1748, une nouvelle querelle oppose Lachau et Ballons, au sujet des droits de pâturage. Eyglun, curé de Ballons, est appelé comme arbitre L’accord qui est trouvé laisse à Ballons les défends de Chabre, de Treyssissic et de l’Adrech tandis que l’Hubac ou le versant nord de Treyssissic revient à Lachau, avec maintien de la vaine pâture [43] .

C’est à cette époque que l’église ND de Calma, difficile d’accès, est progressivement délaissée en tant qu’église paroissiale au profit de la chapelle St-Martin, située dans le village.


1767-1789 : seigneurie de Armand-François

La célébration de la prise de La Grenade

Fils de René-Louis-Henri, Armand-François embrasse une carrière militaire qui le mène, en 1788, au grade de maréchal de camp. Il possède ce que nous appellerons aujourd’hui le sens de la communication, comme nous l’illustre ce qui suit.

Le 2 juillet 1779, l’armée française, alliée des américains dans leur guerre d’indépendance, s’était illustrée en prenant l’ile de Grenade aux anglais. Pour magnifier ce succès, le pouvoir royal encourage alors les français à célébrer l’évènement.

A Lachau, le seigneur organise des réjouissances qui veulent marquer les esprits. Voici ce qu’écrit à ce sujet, M. de Taxis, ancien officier du régiment de Flandre, au Directeur des Affiches du Dauphiné :

Lachaup, le 28 novembre 1779,

Monsieur, parmi les réjouissances et les fêtes que l’amour patriotique a fait célébrer dans les différentes villes du royaume, à l’occasion de la prise de la Grenade, on doit distinguer celle que M. le marquis de la Tour-du-Pin-Montauban a donnée dans sa terre de Lachaup aux Baronnies. Elle est tout à la fois ingénieuse, & propre à inspirer à ses vassaux l’esprit du patriotisme & de la bravoure. M. le marquis avait fait construire dans une prairie un fort de la Grenade quarré, avec revêtement, & de la hauteur de deux toises. Quarante hommes y figuroient les anglois, et avoient à leur tête le lord Macartney, distingué par un uniforme à l’angloise. Deux cents jeunes gens, rassemblés dans les terres de M. le marquis de la Tour-du-Pin, figuroient les françois. Ils étaient commandés par lui-même & par le marquis de Virieu-Pupetières [44], Colonel en second du régiment de Monsieur. Au moment de l’attaque, ils se divisèrent sur deux colonnes. Celle de gauche, commandée par M. le marquis de Virieu, marchant toujours par son flanc de bouche, se forme en bataille, à portée du feu de l’ennemi, qui fut très vif. Dans le même moment, M. le marquis de la Tour-du-Pin, avec la colonne de droite, marche à la porte du fort pour y appliquer le pétard. Dans un chemin creux pour y parvenir, de droite et de gauche, avait été formée une embuscade. La bonne contenance de part et d’autre offroit un simulacre très intéressant : on fit des prisonniers … Malgré le feu continu des assiégés, on approche des palissades, la hache à la main ; le pétard fait son effet ; on entre. Mais déjà la colonne de la gauche s’étoit emparée de la place par escalade, & M. le marquis de Virieu avait arboré sur le parapet le drapeau françois, qui fut assuré par une décharge générale, suivie des cris de Vive le Roi, vive le comte d’Estaing. Au milieu du fort avait été placé un feu de joie, auquel M. de la Tour-du-Pin mit le feu. Les cris de Vive le Roi, vive le comte d’Estaing, vive le Sagittaire, vivent les marquis de la Tour-du-Pin & de Virieu, redoublèrent, & furent accompagnés de dix salves de mousqueterie. On chanta ensuite un Te deum, à l’issue duquel le marquis de la Tour-du-Pin distribua de l’argent, & fit servir à ses soldats des vins & des viandes ;ce qui était censé être la proi des vainqueurs. La noblesse et les personnes distinguées de tous les environs s’estoient rendues à cette fête, qui se termina par un festin donné par M. le marquis de la Tour-du-Pin, et par des danses sur l’esplanade du fort de la Grenade.

Je vous prie, Monsieur, d’insérer ces détails dans la feuille hebdomadaire de la province, où ils ne manqueront pas de faire plaisir, M. le marquis de la Tour-du-Pin étant connu d’une manière distinguée par les qualités du cœur et de l’esprit.

J’ai, &tc … [45]

A la même époque, la communauté de Lachau entreprend de construire un pont sur la Lauzance. Mais les travaux sont mal coordonnés. Lors des grosses pluies de septembre de l’année suivante, des branchages, entrainés par les eaux, s’accumulent contre les cintres du pont, font barrage et provoquent une inondation qui détruit une partie des récoltes, ce qui va conduire le seigneur, par l’intermédiaire de Pierre Faure, son notaire, à mettre en demeure des consuls et habitants de Lachau, le 14 septembre 1780, d’avoir à libérer l’écoulement des eaux et de retirer rapidement les cintres [46].

En 1784, un conflit éclate entre les habitants et le meunier au sujet du canal. Le curé Charras sert alors d’intermédiaire avec le seigneur [47]

Quelques années plus tard, la France entre dans la Révolution. François Armand de la Tour-du-Pin-Montauban quitte la France pour combattre aux côtés des émigrés.

Il est le dernier seigneur de Lachau.

 

Le Dauphiné à l’avant-garde de la Révolution

La journée des tuiles (1788)

 

Le Dauphiné s’est engagé très tôt dans le processus qui va conduire à la Révolution.

Dans cette province, l’événement fondateur est la « journée des tuiles ». La monarchie ayant pris une série de mesures qui réduisaient les pouvoirs des parlements provinciaux, les parlementaires dauphinois, comme la plupart de ceux des autres provinces, refusent d’enregistrer les édits royaux. La réaction royale ne se fait pas attendre. Le roi ordonne au lieutenant général Clermont-Tonnerre d’emprisonner les contestataires. Le 7 juin 1788, qui était un jour de marché et donc de grande affluence, les grenoblois se révoltent et depuis les toits, bombardent la troupe avec des tuiles. Le projet d’arrestation fait long feu.

Le 21 juillet suivant, les parlementaires dauphinois se réunissent (illégalement) à Vizille et réclament une réunion des Etats du Dauphiné et des Etats Généraux.

La création du département de la Drôme et des cantons

Lorsque le 26 février 1790, l’Assemblée Constituante crée les départements, l’ancien Dauphiné est divisé 3 départements : la Drôme, l’Isère et les Hautes-Alpes. C’est ainsi que Lachau devient « dromain », selon le terme adopté à l’époque. Le village est rattaché au district de Nyons (3e district), et au canton de Montauban.

La vente des biens nationaux

En 1789, les finances de la France sont au plus bas. Pour les redresser, l’Assemblée Constituante décide, par décret du 2 novembre 1789, de mettre les biens de l’Eglise à disposition de la Nation, En contrepartie, celle-ci s’engage à assurer la rémunération des curés et à entretenir les lieux de culte. Le 19 décembre, elle décide de mettre ces biens en vente.

Le 21 décembre, elle étend ce dispositif aux biens de la couronne (à l’exception de quelques forêts et résidences royales) ainsi qu’aux manufactures royales et aux biens de la plupart des confréries. Les modalités de vente sont prévues dans un décret du 14 mai 1790.

Le 30 mars 1792, l’Assemblée Législative étend la notion de biens nationaux aux biens des émigrés qui ont quitté la France depuis le 1er juillet 1789. Une loi du 8 avril 1792 prévoit de faire l’inventaire, de ces biens en vue de leur vente et un décret du 3 juin 1792 précise les modalités de la vente. Ces biens sont mis en vente à partir de 1793.

[1] p.25  AL, p.345 et AL, Arrondissement de Montélimar, au mot La Garde.

[2] A.L., p.348

[3] AD26, E 3157

[4] AD26, E 3157

[5] AD 05

[6] AD26, E 3156

[7] AD26, E 3156-(1581-1585)

[8] Cette même année 1587, la communauté verse 27 écus de frais de justice aux officiers de Sault qui avaient fait périr sur la roue l’assassin de Salles et Porsan (AL, p.368 et AD26). Nous n’en savons pas plus !

[9] AD26, E 3157

[10] AD26, E 3152

[11] AD26, E 3158

[12] E 3157, 1586-1590

[13] Charles CHARRONNET, Les guerres de religion et la société protestante dans les Hautes Alpes (1861)

[14] AD26, E 3155

[15] AL, p.349 (AD26, E 3166)

[16] AD26, E 3159

[17] AD26, E 3160, E 3161 et E 3164

[18] AD26, E 3158

[19] Charles-René et Jean étaient les fils de Jean Dupuy-Montbrun et de Lucrèce de la Tour-Gouvernet, fille de Gouvernet

[20] Dictionnaire Biographique de la Drôme, p.76

[21] F. de Ripert-Monclar, Documents inédits sur le siège de Mévouillon (1626), BSDASD, T XIV, 1880

[22] AD26, E 3164

[23] AD26 2E983, transcription d’Hélène Rispal

[24] AD26, E 3171 (1659-1665)

[25] AD26, E3173 (1670-1674)

[26] AD26, E 3172 (1666-1669)

[27] L’inventaire des archives de la Drôme répertorie avant 1580 ?, une reconnaissance de prêt de 2000 florins faite par les consuls de Lachau à Justine Alleman, mère de Jean Dupuy, ainsi qu’une lettre de de Montbrun en 1597, au sujet d’une rente de blé ?. – dates à vérifier-

[28] AL, P.350-1

[29] AL, p.351

[30] AD26, E 3164 (AL, p.361) et E 3170

[31] AD05 G784, f°233

[32] AD26, Registres paroissiaux de Séderon.

[33] AD 26 E3174

[34] La famille de la Chau est citée en 1659 et 1660 dans les registres paroissiaux, lorsque deux sœurs, Baptadine et Diane se marient à Lachau, après avoir abjuré la Religion réformée devant le curé de Trescléoux. Cette famille apparait par la suite parmi les notables du village.

[35] René Antoine est parrain du baptisé. Il est aussi parrain de Renée-Lucresse Camerle, le 26 août 1709, de René Marcel, le 24 septembre de la même année, de Madeleine Reine, en juin 1711, de René Chanueil, en septembre de la même année, de René Mathieu, le 17 avril 1716, de René Jarjayes le 23 avril de la même année(BMS).

[36] AD26, E3168

[37] Registre des BMS de Lachau

[38] AL, p.351 et p.354 et svtes

[39] AL, p.352

[40] AD26, E 3178 (1726-1739)

[41] AD26, E 3179

[42] AL, p.351 (AD26, E 3179?)

[43] AL, p.368, AD26, archives de Lachau

[44] François-Henri de Virieu (1754-1793), fils de Louis, ce dernier cousin germain d’Armand-François de la Tour du Pin- Montauban.. F.H. de Virieu fut député de la noblesse et président de la Constituante à la Révolution. Il vota l’abolition des privilèges le 4aoû t 1789. Hostile à l’exécution du roi, il émigra en Suisse.

[45] Affiches du Dauphiné, 7 mai 1775-21 avril 1781, JD 34, n°3, p.130, Bibliothèque Lyautey à Grenoble.

[46] BLL n°6, p.22

[47] AL, p.3667, AD26, E 3186