Commerces et artisans dans les années 1930-1940

D’après Georges Dontaine, PLL n°18 (2001) et 14 (1997), et la mémoire des anciens

Dans les années 1930-1940, l’artisanat et le petit commerce était bien présents à Lachau et même florissants (…). Une clientèle importante fréquentait tous ces artisans et commerçants ; il y avait des gens de Lachau, bien sûr, mais aussi ceux de Ballons, d’Eygalayes, de Vers, d’Eourres et même de Mévouillon. (…) Dans ce temps-là on dénombrait : quatre épiceries, trois boulangeries, une boucherie, deux couturières, deux hôtels, des cafés, deux menuisiers, un cordonnier, un maçon, une modiste et un maréchal-ferrant.

Il y avait aussi deux hôtels restaurants et cinq bars

Les épiceries

A l’entrée du village, il y avait l’épicerie Auguste Amic (dont l’enseigne est toujours visible) Cette épicerie était dépositaire des journaux et des quotidiens très prisés à l’époque. Il y en avait même qui achetaient le journal sans savoir lire, mais ça faisait sérieux, ça posait son homme.

Ensuite l’épicerie Clovis Amic, place de l’église, transférée ensuite par Marcel Bosco dans la petite rue appelée aujourd’hui rue de la Lucette. (…)

Il y avait aussi l’épicerie-mercerie Bontoux, rue du château, fermée en 1938.

L’épicerie Rolland, d’abord située peu après la guerre de 1914/1918 rue du four puis transférée place de la fontaine à la fin des années trente. Cette épicerie était exploitée à l’époque par Madame Rolland dont le mari était facteur [2].

Les boulangeries

A la fin du XIXe siècle Joseph Bartalaye détenait la boulangerie de la place de l’église. Son successeur fut Aimé Raspail. Après ce dernier, il y eu Casimir Aumage (de 1927 à 1933), Simon Serano (1933-1937, Marcel Barnouin (1937-1938) et Fernand Pau, de 1938 à 1974.

La farine venait du moulin de Baraban, à Ballons, puis de Salérans et de Laragne. La plupart des habitants d’alors produisaient du blé qu’ils apportaient chez le boulanger, ce qui était déduit du pain. Comme le four fonctionnait au bois, beaucoup apportaient leur fagot de genêt. Certains même payaient leur pain uniquement en échange de leurs fagots.

De l’autre côté de la place, il y avait un autre boulanger : Henri Borel, originaire de Ballons. Il s’était installé à Lachau vers 1890. Le four est encore visible sous le balcon de la maison. La boulangerie est reprise par son fils Henri, à son retour de la guerre de 1914-1918. Ce dernier exerce jusqu’en 1946 [3].

Un troisième boulanger, Fortuné Pau, exerçait son activité rue du château, avant de cesser son activité vers 1920. Après Fernand Pau, la boulangerie est reprise par André Boudin, jusqu’en 1977 [4].

La boucherie

La boucherie Truchet a été créée vers 1905 sur la place de la fontaine par Gustave Truchet, puis reprise en 1913, par Clotilde et Nestor Truchet. Elle fut ensuite transférée sur la place de l’église dans l’ancien magasin d’un marchand drapier [5]. (…) .

Les couturières

La couturière, Madame Aumage, était installée place de l’église; son mari était le facteur-receveur. Dans son petit atelier il y avait une grande table, l’incontournable mannequin, une superbe machine à coudre et, sous la table, le petit banc pour poser les pieds.

Une autre couturière, à façon, Alphonsine Audibert était installée en face de l’Hôtel Sarlin (Vieil hôtel).

La modiste

Une modiste, Mademoiselle Roumieux était installée dans la Grand’rue.

Les hôtels-restaurants

 

L’hôtel de Victor Audibert, qui avait succédé à son père Ferdinand, était d’abord installé dans la grande rue, puis près de l’ancien moulin à soie.

Son neveu, Jacques prit sa suite. Il était célèbre par son impressionnante paire de moustaches, mais aussi par ses écrevisses et son omelette norvégienne.

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Ci-dessu, élégants et élégantes devant l’Hotel des Voyageurs

Ci-dessous, Le Nouvel Hôtel Audibert Dossier 10 Img 2

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Le Modern Hotel

L’hôtel Truchet, sur la place du tilleul, est repris par Alexandre Bosco et son épouse, , puis par leur fille. Il prit le nom de Modern Hôtel avant de devenir le Vieil Hôtel.

Les cafés

Les cafés étaient souvent tenus par des femmes et constituaient un complément de revenu pour les couples qui les tenaient.

Il y avait cinq cafés :

Le café de Madeleine Pau, rue du marché, devenue rue du château, repris ensuite par André puis Rosette Boudin jusqu’au début des années 2000.

Le café de Félix Truchet, dans la même rue dit le café du Commerce, fermé en 1954

Le café d’Emile Jean, ancien maire, et de Mado Amic, en face, fermé en 1946

Le café du vieil Hôtel, où, avant-guerre, on dansait le dimanche soir, au son du phonographe. Ce café a été fermé en 2009, avec le reste de l’établissement. Il assura, un temps, la fonction de dépôt de pain.

Le café Fernand Pau, place de l’église, à côté de la boulangerie, où l’on pouvait s’asseoir en attendant le pain ou la sortie de la messe. Ce café a fermé ses portes en 1975.

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Le café Petit (café Truchet), rue du marché (actuelle rue du châteai)

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Le café Pau, place de l’église


Les menuisiers

Pour les menuiseries, il y avait Galice Antoine, dit « Le Toine », avec cette particularité : il était menuisier coiffeur (n°33) et coupait les cheveux sur son établi. (…) « Toine » était également chargé de régler l’horloge de l’église.

L’autre menuisier, Monsieur Morel, oncle de Fernand Richaud, menuisier ébéniste, était (…) très bien équipé de machines-outils, raboteuse, dégauchisseuse, scie à ruban, etc.

Le cordonnier

Le cordonnier, Joseph Dunevon, à l’angle de la Grand’ rue et de la rue du Château, fabriquait de gosses chaussures de montagne, sur mesure et bien évidemment inusables, il se chargeait aussi de toutes les réparations. Son petit atelier, pas plus de huit mètres carrés, était garni d’étagères pleines de « formes ».

Les maçons

Le maçon Jules Bruis et son fils Raoul (spécialiste des explosifs à l’Equipement) habitaient à droite après la cure en direction de Notre Dame de Calma.

Il y avait aussi des maçons à temps partiel qui travaillaient à la journée. (…)

Le forgeron

Le forgeron maréchal-ferrant et serrurier, Monsieur Ville, était installé au rez-de-chaussée du château côté cour. A droite de la porte d’entrée se trouvait le travail ou le métier, échafaudage en bois qui servait à immobiliser les chevaux pendant qu’on les ferrait. (…)

Notre forgeron était un sacré personnage : parisien d’origine, il avait gardé cet accent particulier ; il était cependant descendant d’une famille de Lachau.

C’était un très bon ouvrier, très adroit de ses mains (…)

Et enfin, …, cet homme était un excellent maréchal-ferrant ;: il connaissait parfaitement les chevaux, non seulement pour les ferrer, mais aussi pour les soigner. Il fabriquait des fers spéciaux qu’il ajustait, et même rectifiait pour les pieds de travers (ce qui était fréquent) et cela à l’aide de son seul marteau…. . On venait de loin pour le consulter.

Les commerçants ambulants

Les jours de foire, de nombreux étals de marchands envahissaient les places, du monument au mort jusqu’au Vieil Hôtel. (…)

Il y avait aussi les marchands ambulants qui allaient de villages en village et « montaient » même dans les fermes éloignées. C’était un commerce un peu particulier, en effet, c’était les œufs et les tommes qui payaient les achats. (…)

Il y avait aussi des colporteurs. (…). C’était souvent des italiens qui venaient du Nord et du Piémont. Ils arrivaient surtout en hiver, après avoir traversé les Alpes à pied, en évitant les douaniers. Ils passaient la nuit dans certaines granges où ils avaient leurs habitudes et ils mangeaient la soupe le soir avec la famille. Dans leurs caisses, ils trimbalaient de la mercerie, des allumettes, …Le dernier de ces marchands est passé dans les années 1938-1939.

[2] Sa fille, Paulette Sarlin lui a succédé. La boutique a été fermée à son décès en 2013.

[3] Après cette date, la gérance est reprise par Albert et Francine Curnier, puis par Bérenguel jusqu’à sa fermeture en 1953.

[4] . Puis M. Morello et Jean-Claude Auer (19870-1992). Après 1992, la boucherie Truchet fait dépôt de pain, en attendant l’arrivée de Pierre Viltié. Elle reprit cette fonction après la fermeture du dépôt de pain du Vieil Hôtel.

[5] La boucherie est reprise en 1958 par Eva et Henri Truchet. Leur fille Annie les rejoint en 1967 et tient ce commerce jusqu’en 2013 où elle prend sa retraite sans avoir de successeur.